Kinshasa, 10 septembre 2026 (ACP) m.- Les ouvrages littéraires ont été présentés comme une frontière entre le possible et l’impossible dans le monde de l’écriture, lors de la présentation de l’ouvrage ‘‘Militariser l’agriculture’’, de l’écrivain Didier Mumengi, organisée jeudi dans le cadre de la Grande Rentrée littéraire de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC).
«À chaque fois, les ouvrages semblent déplacer notamment la frontière entre le possible et l’impossible, la résignation et l’espérance, la dépendance et la souveraineté, le présent que nous subissons et l’avenir que nous devons encore construire, l’être de la pensée et de la culture.», a fait savoir Guillaume Pépin Manjolo, sénateur honoraire.
Poursuivant sa réflexion, il a évoqué l’importance de cette rencontre littéraire, qui permet, selon lui, de mettre en lumière une nouvelle génération d’auteurs congolais appelés à inscrire leurs œuvres dans la durée.
«C’est pour moi un émouvant souvenir d’être, mais également une lourde responsabilité, que de présenter ces jeunes contemporains de mon pays, qui a longtemps conquis le droit de rejoindre l’ordre des sachants et des intemporels qui ont délégué plus de légendes.», a-t-il ajouté.
Selon lui, la Grande Rentrée littéraire met ainsi en lumière des hommes et des femmes qui ont contribué à écrire l’histoire par leur engagement et leur volonté de façonner la société.
Dans cette dynamique, la littérature congolaise est portée par des écrivains qui ne se laissent pas enfermer dans une seule catégorie, naviguant entre différents genres et abordant des thématiques liées à la société, à l’histoire et à la pensée.
Pour M. Manjolo, l’écrivain assume dès lors plusieurs fonctions, tantôt celui qui apporte des réponses après les épreuves, tantôt une torche pour éclairer les consciences, un chalut pour recueillir les idées ou encore un clairon destiné à éveiller les peuples.
Cette volonté de penser et d’exister trouve également son expression dans l’écriture, qui contribue, selon lui, à repousser les frontières de la décolonisation des savoirs, de la pensée pour soi et par soi, ainsi que de la capacité à faire exister sa propre vision du monde.
À propos de Didier Mumengi, M. Manjolo estime que son œuvre dépasse le simple récit pour s’inscrire dans une démarche d’interpellation et de réflexion.
D’après lui, l’écrivain n’écrit pas seulement pour raconter, mais aussi pour interroger, alerter et provoquer le débat, afin de maintenir les consciences en éveil face aux enjeux de l’histoire et de la société.
Cette démarche se reflète notamment dans sa bibliographie, présentée comme une longue marche intellectuelle inspirée du panafricanisme et de la pensée de Cheikh Anta Diop.
Il a notamment cité «La naissance du Congo, de l’Égypte au Pas-à-Congo», publié chez L’Harmattan en 2009, ainsi que ‘’Le baptême des baptisés’’, paru en 2015.Pour l’ancien sénateur, cette trajectoire traduit une succession de combats intellectuels, de questionnements et de réflexions destinés à nourrir le débat public.
«Le veilleur, c’est celui qui reste debout lorsque les autres dorment, c’est lui qui regarde l’horizon, c’est lui qui perçoit avant les autres les nuages qui s’avancent ou la lumière qui commence à éclairer les consciences.», a-t-il renchéri.
Cette posture confère ainsi à l’écriture de Didier Mumengi une dimension particulière, ses livres étant présentés non seulement comme des œuvres littéraires, mais également comme des supports de réflexion sur les enjeux de la société. ACP/N /BA

