Kinshasa, 30 septembre 2026 (ACP).- La préservation des proverbes et de la langue kisongye, dans les provinces de Lomami, du Maniema, du Sankuru et du Tanganyika, a été présentée comme un moyen de sauvegarder la mémoire et les valeurs culturelles en République démocratique du Congo (RDC), a expliqué un écrivain songye, mercredi, à l’ACP.
« Pour moi, les proverbes sont plus que de simples expressions populaires. Ils constituent une forme d’enregistrement de nos expériences, de nos valeurs et de nos principes de comportement social. En quelques mots, ils permettent de corriger, d’instruire, de conseiller et de transmettre une pensée importante », a déclaré Jacques Lukula.
Il a expliqué que son travail de collecte des proverbes songye est né d’un sentiment de responsabilité envers une mémoire collective, soulignant les difficultés rencontrées dans la traduction exacte de certaines pensées exprimées dans la langue kisongye.
Selon lui, ces proverbes constituent également les témoignages d’une génération intermédiaire ayant reçu des anciens une partie de la sagesse africaine, aujourd’hui moins présente dans les espaces traditionnels de transmission.
La langue et le numérique au service de la sauvegarde
Lukula a toutefois estimé que la tradition orale ne disparaît pas nécessairement, mais qu’elle est en train de se transformer grâce aux nouveaux moyens de communication. Il a notamment relevé que l’enregistrement et la diffusion des contenus audiovisuels permettent de conserver des connaissances qui, autrefois, pouvaient disparaître avec les personnes âgées qui les détenaient.
Il a indiqué qu’une partie des proverbes qu’il a recueillis provenait également des réseaux sociaux, à travers les échanges et publications des jeunes, estimant que ces derniers participent ainsi à la circulation et à la transmission de leur patrimoine culturel.
L’écrivain a, par ailleurs, plaidé pour une meilleure valorisation des proverbes songye dans les écoles, les centres culturels et les initiatives nationales de sauvegarde du patrimoine.
« On ne peut pas demander à un enfant de préserver une culture qu’on ne lui a jamais appris à connaître. Derrière un proverbe, on peut découvrir une pensée, une histoire, une manière de raisonner et une vision du monde », a-t-il fait savoir.
Il a souligné l’importance de la langue kisongye dans la compréhension de la portée des proverbes, dont le sens peut être difficile à saisir lorsqu’ils sont détachés de leur contexte culturel.
« Le proverbe a une particularité : son message est souvent voilé. Il faut donc faire un effort d’interprétation pour en saisir toute la profondeur. La connaissance de la langue et du contexte culturel est indispensable pour en saisir le véritable sens », a-t-il expliqué.
Il a proposé l’intégration des proverbes dans les programmes scolaires, l’organisation d’ateliers dans les centres culturels ainsi que le développement d’initiatives consacrées à la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.
Il a également relevé que les Basongye sont présents au-delà de la seule province de Lomami, notamment dans certaines zones des provinces du Maniema, du Sankuru et du Tanganyika.
ACP/ SA (SP) / MN

