RDC : un plaidoyer pour mieux identifier les contributeurs aux œuvres musicales dites ‘‘ Génériques’’

Kinshasa, 30 septembre 2026 (ACP).- Un plaidoyer pour une meilleure prise en compte des différents intervenants dans la déclaration des œuvres de collaboration, notamment les ‘‘ Génériques’’, a été formulé mercredi à Kinshasa, en République démocratique du Congo, par le percussionniste Paul Ngoie le Perc, lors d’un forum.

« Le “Générique” constitue, par sa nature, une œuvre faisant intervenir plusieurs acteurs dans son processus de création », a déclaré Paul Ngoie le Perc, citant notamment le chef de bande, les chanteurs, les animateurs communément appelés « Atalaku », les guitaristes, dont le soliste intervenant particulièrement dans les phases de « Sebene », les percussionnistes, les batteurs ainsi que les arrangeurs.

Selon lui, « la pratique consistant à déclarer certains génériques sous le seul nom du leader d’un groupe ne permettrait pas toujours de refléter la contribution artistique de l’ensemble des participants à leur création ».

« Si les musiciens ont créé leurs propres partitions de guitare ou si l’animateur a créé les cris, ils peuvent, selon la nature de leur contribution créative, être considérés comme coauteurs ou co-compositeurs », a-t-il estimé, appelant les professionnels du secteur à formaliser leurs collaborations.

Les intervenants doivent être identifiés lors de la déclaration de l’œuvre

Pour  le Perc, les différents intervenants ayant apporté une contribution créative à une œuvre doivent être identifiés lors de sa déclaration, que celle-ci soit effectuée en RDC ou à l’étranger, conformément aux règles applicables en matière de droit d’auteur.

Il a recommandé, à cet effet, la conclusion préalable d’un accord de collaboration, sous forme d’un ‘‘ Split Sheet’’, permettant de préciser l’identité des contributeurs ainsi que la répartition des droits liés à l’œuvre.

À titre illustratif, un tel accord pourrait prévoir une répartition convenue entre les différents participants, par exemple 40 % pour le leader, 20 % pour l’animateur principal et 15 % pour le soliste, le solde étant réparti entre les autres coauteurs selon leur contribution et l’accord conclu.

Cette démarche vise notamment à prévenir les contestations ultérieures relatives à la paternité et à la répartition des droits sur les œuvres musicales, dans un secteur où plusieurs artistes et techniciens peuvent participer à la création d’un même morceau.

M. Ngoie a encouragé les artistes, producteurs, arrangeurs et autres professionnels de la musique à définir par écrit, avant l’entrée en studio, les conditions de leur collaboration et la répartition des droits de chacun.

Il a rappelé que la reconnaissance des contributions individuelles dans les œuvres de collaboration constitue un enjeu important pour la protection des créateurs et la professionnalisation de l’industrie musicale congolaise.

ACP/Kayu./ MN

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