Kinshasa 09 décembre 2025(ACP)-* Un colloque visant à produire des solutions durables sur la question de restitution du patrimoine culturel a été ouvert mardi, à l’Académie des Beaux-arts de Kinshasa (ABA) à Gombe, une commune du nord de la capitale de la république démocratique du Congo.
« Au-delà de l’enjeu mémoriel, la restitution du patrimoine culturel interpelle aussi l’avenir de nos musées. Elle pose avec acuité les questions des infrastructures, de la conservation, de la formation des ressources humaines, de la recherche scientifique, de la gouvernance culturelle et de la coopération internationale. Ce sont des défis majeurs que nous ne pourrons relever que dans un esprit de partenariat, des responsabilités partagées et des visions à long terme », a déclaré Henri Kalama, directeur général de l’Académie des Beaux-arts.
« C’est pourquoi, ce colloque prévu du 09 au 10 décembre s’inscrit dans la perspective de promouvoir la pensée critique constitue un cadre privilégié de dialogue, d’échanges d’expériences, de confrontation d’idées et de construction des solutions concrètes et durables(…). La question de la provenance de collection muséale s’impose aujourd’hui comme une exigence scientifique, éthique et politique », a-t-il expliqué
Pour lui, ce moment d’échanges qui revêt un caractère historique appelle à une reconnexion culturelle mais aussi à un travail de médiation.
« Il nous engage à interroger le passé avec lucidité, à en comprendre les blessures mais aussi à en tirer des leçons nécessaires pour construire un avenir plus juste et plus équilibré. Des nombreux objets conservés dans les musées à travers le monde ont été acquis dans des contextes marqués par des contraintes, la spoliation et le déséquilibre liés à colonisation», a laissé entendre Henri Akulez.
Renforcement global de la gestion du patrimoine culturel en RDC
Placé sous le thème « La restitution du patrimoine culturel, les études de provenance des collections muséales et le futur des musées en république démocratique du Congo», ce colloque de deux jours vise élargir le débat sur le patrimoine culturel et ouvrirune perspective de renforcement des capacités en gestion des biens culturels à travers le projet ‘‘smart’’.
« Le but est avant tout de renforcer globalement la gestion du patrimoine culturel en RDC en s’appuyant sur les expertises déjà présentes dans les institutions majeures de Kinshasa afin de permettre des échanges plus justes et plus égaux sur les problématiques liées aux patrimoines notamment la restitution », a fait savoir Célia Charkaoui-Sedille responsable du projet ‘‘smart’’ .
« À long terme n souhaitons améliorer l’accessibilité à ce patrimoine culturel à toute la population afin que tout le monde puisse jouir d’un tel patrimoine et pouvoir s’en emparer. Nous voulons aussi établir des relations pérennes et durables entre les musées congolais et les musées belge», a-t-elle renchéri.
De son côté le conseiller scientifique de la ministre de l’enseignement supérieur et universitaire recherche scientifique et innovation (Esuri), Célestin Mutombo a indiqué que : « sans une capacité scientifique durable, conservateurs formés, laboratoire d’analyse construit, service d’inventaire ou politique documentaire, nous resterons dépendant d’expertise extérieur sans pour autant nous soucier de la formation au niveau national. Il est donc essentiel d’investir dans la formation multidisciplinaire, histoire de l’art, muséologie, anthropologie conservation-restauration, droit du patrimoine et technologie numérique».
À cet effet, il a encouragé les étudiants et jeunes chercheurs à entreprendre des recherches des terrains, à travailler avec les communautés et à user des outils numériques pour rendre le patrimoine vivant à travers leurs enquêtes.
Porté par le projet « smart », ce colloque s’organise autour des plusieurs conférences abordant les questions relatives à la restitution, la provenance des objets d’arts dans les musées occidentaux. Cet événement a lancé une initiative commune entre l’Académie des Beaux-Arts, les instituts des musées nationaux du Congo, l’université de Kinshasa et le Musée royal d’Afrique central pour former dans différents domaines dont la conservation, la gestion des collections, la curation, la muséologie ou la gestion des données. ACP/

