Kinshasa, 21 juin 2026 (ACP).- La reconnaissance des auteurs-compositeurs de la rumba congolaise ainsi que la protection de leurs droits ont été jugées essentielles à la préservation du patrimoine musical, dans une réflexion publiée par un acteur culturel brazzavillois, consultée dimanche par l’ACP depuis Kinshasa en République démocratique du Congo.
« Les droits musicaux sont au cœur de la rémunération des artistes et du fonctionnement de l’industrie musicale. Pourtant, beaucoup de professionnels ne connaissent pas encore tous les rouages essentiels pour protéger les créations et éviter les problèmes juridiques. C’est ainsi que la reconnaissance des auteurs-compositeurs et la protection de leurs droits sont présentées comme des enjeux majeurs pour la préservation du patrimoine musical national », a indiqué Eddy Ngombe Mwene président de Culture Congo Avenir.
Selon lui, le droit d’auteur demeure le fondement de la protection des œuvres musicales en garantissant aux auteurs et compositeurs la propriété intellectuelle de leurs créations ainsi que les revenus qui en découlent.
« Beaucoup d’auteurs et de compositeurs se voient spoliés par des interprètes qui ont réellement diminué la valeur de ces créateurs exceptionnels », a-t-il déploré.
Pour cet acteur culturel, « plusieurs compositeurs ayant contribué à la renommée de la rumba congolaise n’ont pas toujours bénéficié de la reconnaissance correspondant à leur apport artistique ».
Il a notamment évoqué le cas de certains créateurs dont les compositions ont marqué l’histoire de la musique congolaise, tout en rappelant que plusieurs figures emblématiques ont construit leur carrière grâce à leur double qualité d’interprètes et de compositeurs.
« Il est important de reconnaître les talents des auteurs et compositeurs et de leur accorder une certaine reconnaissance, même en l’absence d’un rétablissement complet de leurs droits », a conclu Eddy Ngombe.
Le president de la Culture Congo Avenir a par ailleurs indiqué que la vitalité de la rumba congolaise repose en grande partie sur le travail des auteurs-compositeurs qui, depuis plusieurs décennies, alimentent le répertoire du genre musical inscrit au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
Il a rendu hommage à plusieurs compositeurs ayant marqué l’histoire de la musique congolaise, notamment Vadio Mambenga, Do Akongo, Werrason, Wazekwa, Pascal Poba, Djo Nolo, Koffi Olomidé, Celi Bitsou, Wuta Mayi, Lola Checain, Simaro Lutumba, Mayaula Mayoni, Empopo Loway et Max Mongali.
« Depuis toujours, la rumba est sublimée par des auteurs-compositeurs qui détiennent plus de 70 % des œuvres essentielles de son patrimoine. Malheureusement, ces derniers sont souvent méconnus auprès des sociétés de gestion collective des droits », a-t-il affirmé.
Pour Eddy Ngombe Mwene, une meilleure maîtrise des droits d’auteur par les créateurs et les professionnels du secteur contribuerait à renforcer la protection des œuvres et à garantir une rémunération plus équitable des artistes à l’origine des grandes créations musicales congolaises.
ACP/M.

