Rumba congolaise : le répertoire de Tabu Ley estimé à environ 400 œuvres musicales

Kinshasa, 27 septembre 2026(ACP).- Les précisions documentaires de la Commission nationale chargée de la valorisation de la rumba, en République démocratique du Congo, ont relancé le débat sur le nombre d’œuvres attribuées au défunt chanteur congolais Tabu Ley Rochereau, estimé autour de 400, a appris dimanche l’ACP de source administrative.

« Les travaux documentaires dont nous disposons situent le répertoire de Tabu Ley autour de 400 œuvres musicales, avec une marge d’erreur de 10 % (son répertoire réel se situerait donc plutôt entre 360 et 440 chansons). À ce stade, le nombre de 2 000 œuvres souvent répété dans l’opinion publique apparaît donc difficilement conciliable avec les éléments historiques et documentaires disponibles », a déclaré Herman Bangui Bayo, vice-président de la Commission nationale chargée de la valorisation de la rumba congolaise, estimant qu’il faut croiser les différentes sources pour faire l’inventaire des chansons composées par les artistes congolais, afin de constituer un répertoire national.

«  On a  passé six mois au sein de l’équipe qui a préparé le 10e anniversaire de la disparition du Seigneur Ley, avec son gendre Muissa Jean-Claude, qui avait d’ailleurs sorti un magazine spécial reprenant les œuvres musicales du patron de l’Afrisa International. Le nombre repris dans cette publication est bien similaire à celui qui figure dans l’hommage que nous avons rendu à ce monstre sacré de la rumba congolaise dans le magazine Rétro», a-t-il dit.

A l’entendre, cette mise au point ouvre la voie à une éventuelle clarification officielle destinée à établir, sur une base documentaire aussi rigoureuse que possible, le nombre d’œuvres effectivement attribuables à cette figure majeure de la musique congolaise.

« La Commission nationale chargée de la valorisation de la rumba congolaise et le ministère de la Culture,  Arts et  Patrimoine pourraient, à cet effet, procéder à un examen croisé des différentes sources disponibles et envisager les rectifications qui s’imposeraient sur les supports commémoratifs publics consacrés à l’artiste, notamment au niveau de sa sépulture à l’ETEC».

Cette démarche, a précisé l’analyste, ne vise nullement à diminuer la contribution  de Pascal Tabu Ley Rochereau à la musique congolaise.

« Elle entend plutôt contribuer à la préservation de sa mémoire artistique en corrigeant les éventuelles approximations susceptibles de s’installer dans le récit historique», a-t-il conclu.

Pour les promoteurs de cette clarification, l’enjeu consiste à faire correspondre la mémoire consacrée aux grands artistes avec les données historiques les mieux établies, afin de préserver durablement l’héritage musical de Tabu Ley Rochereau. ACP/Kayu./Isr

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