Kinshasa, 23 août 2026 (ACP).- Les expressions artistiques et culturelles ont été recommandées pour renforcer le souvenir de la traite négrière dans la mémoire collective de la jeunesse africaine par un analyste afro-descendant congolais, dimanche à l’occasion de la commémoration de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition.
« Les arts et la culture sont des outils importants dans ce travail de mémoire. Les récits, la musique et les représentations artistiques peuvent contribuer à transmettre cette histoire aux nouvelles générations tout en renforçant leur sentiment d’appartenance », a fait savoir Prince Arnold Kufulula.
Dans cette perspective, explique-t-il, la structure culturelle évoque que certaines traces de cette histoire demeurent perceptibles dans les sociétés africaines, notamment à travers les divisions héritées du passé. « Elle renseigne aussi que certaines formes de dévalorisation interpellent pour mettre en avant la capacité des peuples africains à préserver leur créativité et leur résilience », a dit l’analyste.
Au-delà de la commémoration, renseigne la source, la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition est une occasion d’encourager la jeunesse africaine à transformer la connaissance du passé en force pour l’avenir.
« Ne laissez personne réduire votre histoire à son chapitre le plus sombre. Apprenez-la en entier, avec ses trônes autant qu’avec ses larmes, car c’est dans cette totalité que se trouve votre véritable héritage», a-t-il indiqué.
Pour lui, la mémoire de la traite négrière relève d’un devoir essentiel pour renforcer l’identité et la dignité de la jeunesse africaine en général et celle de la République démocratique du Congo en particulier. «C’est-à-dire que : nous nous souvenons, même de ce qu’on a voulu nous faire oublier. Et dans ce souvenir, il y a une dignité que rien n’a pu arracher», a soutenu Arnold Kufulula.
Cette journée célébrée dans la médiation est un moment de réflexion sur l’histoire de la traite négrière, mais également sur la nécessité de préserver la mémoire collective face au risque d’effacement de pans importants de l’histoire africaine.
« La transmission de cette histoire aux jeunes générations ne devrait pas se limiter au récit de la souffrance, mais intégrer également les civilisations, les royaumes, les savoirs et les traditions qui existaient sur le continent avant cette période », a insisté la source.
Et de renchérir : «Un enfant qui n’apprend que sa souffrance grandit fragile. Un enfant qui apprend aussi sa grandeur grandit debout».
Toutefois, l’afro-descendant a appelé à une transmission de l’histoire afin de permettre aux jeunes africains de connaître l’ensemble de leur héritage.
Instituée en 1997 par les Nations unies (Unesco), la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition est commémorée le 23 août de chaque année. A l’origine, cette date a été choisie en référence pour commémorer le début de l’insurrection des esclaves de Saint-Domingue (devenue aujourd’hui Haïti) dans la nuit du 22 au 23 août 1791.
ACP/ SA (SP)/JD

