Traite transatlantique : le principal héritage congolais au Liberia demeure culturel et diasporique

(Chercheur)

Kinshasa, 26 juillet 2026 (ACP).- Le principal héritage des Congolais au Liberia relève davantage de la culture et de la diaspora que d’un transit massif d’esclaves par Monrovia, a indiqué un chercheur en histoire contemporaine dans son analyse des liens historiques entre la République démocratique du Congo et le Liberia, consultée dimanche par l’ACP.
 
« L’influence congolaise au Liberia s’est surtout transmise à travers l’héritage culturel légué par les populations déportées. Des traditions, des croyances, des rythmes musicaux ainsi que certains éléments linguistiques issus des peuples kongo ont perduré dans plusieurs communautés afro-descendantes des Amériques, dont certains descendants se sont ensuite établis au Liberia », a affirmé Gabriel LImbaya, chercheur  en histoire contemporaine .
 
 
M. Limbaya a révélé que certains africains libérés de navires négriers interceptés par les marines britannique et américaine seraient réinstallés au Liberia. 
 
« Des personnes originaires de l’actuelle RDC pourraient avoir fait partie de ces africains recapturés, bien que leur nombre exact ne soit pas documenté avec précision »,  a-t-il dit.
 
Et de poursuivre : « il est établi que des hommes et des femmes originaires du bassin du Congo ont été victimes de la traite transatlantique des esclaves entre le XVIᵉ et le XIXᵉ siècle, après avoir été capturés puis embarqués depuis les côtes de l’actuelle RDC et de l’Angola vers les Amériques ».
 
En revanche, il a précisé qu’il n’est pas historiquement exact d’affirmer que Monrovia constituait un important point de transit des esclaves congolais. 
 
« La ville de Monrovia n’a été fondée qu’en 1822, soit bien après l’abolition officielle de la traite transatlantique par plusieurs puissances. Les grands ports de départ des captifs étaient notamment Luanda, Cabinda, Boma ou Banana », a-t-il expliqué.
 
L’historien a précisé qu’après la création du Liberia, Monrovia est devenue une terre d’installation pour d’anciens esclaves affranchis venus principalement des États-Unis. 
 
« Si des Congolais ont bien été victimes de la traite transatlantique, le Liberia, fondé après cette période, a principalement accueilli des descendants d’Africains déportés ainsi que des Africains libérés, parmi lesquels pouvaient se trouver des personnes d’origine congolaise », a-t-il l’analyste. 
ACP/

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