Kinshasa, 10 septembre 2026 (ACP).- L’ouvrage ‘‘Kintu mwele n’kikite – L’héritage culturel songye à travers les proverbes’’ est consacré à la préservation de la tradition orale des communautés songye de Lomami, dans le centre-sud de la République démocratique du Congo (RDC), a fait savoir son auteur jeudi lors d’un échange avec l’ACP.
«Pour moi, les proverbes sont plus que de simples expressions populaires. Ils constituent une forme d’enregistrement de nos expériences, de nos valeurs et de nos principes de comportement social.», a déclaré Jacques Lukula, auteur de l’ouvrage.
À travers cette publication, l’auteur a répertorié quelque 2.552 proverbes songye, présentés comme des témoignages de la sagesse ancestrale et des repères permettant de mieux comprendre les valeurs, les comportements et la vision du monde des Basongye.
Né et ayant grandi au village, l’écrivain a expliqué avoir été marqué par l’usage des proverbes dans la vie communautaire, notamment sous l’arbre à palabres, où ils servaient à conseiller, instruire, corriger ou départager les points de vue.
La transmission d’un patrimoine vivant
Au-delà de leur dimension linguistique, Jacques Lukula a souligné le rôle du kisongye dans la conservation de cet héritage, estimant que la langue demeure un véhicule essentiel des valeurs culturelles du peuple songye.
Dans ce contexte, il a relevé que les difficultés de transmission touchent particulièrement les jeunes nés ou ayant grandi loin de leur milieu d’origine, notamment dans les grandes villes. Selon lui, la famille et l’école ont un rôle à jouer dans le maintien de ce lien avec les racines culturelles.
«Lorsqu’une langue et ses expressions se transmettent moins, une partie de cette connaissance peut disparaître avec les générations.», a-t-il indiqué.
Pour l’auteur, le recensement effectué reste ouvert, les 2.552 proverbes réunis ne constituant pas une liste définitive, le patrimoine oral pouvant encore être enrichi par de nouvelles expressions et des variantes locales.
Dans cette perspective, il estime que les supports numériques et les réseaux sociaux peuvent également contribuer à rapprocher cette tradition des jeunes générations et à en faciliter la transmission.
«Le patrimoine immatériel ne se conserve pas uniquement en l’enfermant dans un livre. Il se conserve en permettant qu’il continue à être transmis, enrichi et interprété.», a-t-il fait savoir.En guise de perspective, Jacques Lukula a plaidé pour une meilleure valorisation des proverbes dans les écoles, les centres culturels et les initiatives nationales consacrées au patrimoine culturel immatériel.
ACP/SA/BA

