Kinshasa, 04 novembre 2026(ACP). – Une matinée marquant la rentrée scientifique à l’Académie des beaux-arts s’est tenue, mercredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, dans le souci de contribuer activement aux débats qui animent le domaine de la sauvegarde des biens culturels, a constaté l’ACP.
«C’est donc avec un réel plaisir que je vous souhaite la bienvenue à cette matinée scientifique organisée par la mention Conservation-Restauration des œuvres d’art de notre alma mater, l’Académie des Beaux-Arts », a déclaré Henri Kalama directeur général de l’académie des beaux-arts de Kinshasa, ajoutant que cette matinée a pour thème : « Savoirs endogènes et pratiques de conservation-restauration des œuvres d’art : dialogue entre les savoirs communautaires et les approches contemporaines ».
«Cette initiative est l’expression de l’engagement de notre institution en faveur de la recherche, du développement, des réflexions adaptées aux réalités de notre chère patrie, la République démocratique du Congo, et de notre attachement à ses valeurs et à la valorisation du patrimoine culturel. Elle témoigne également de la volonté de la mention Conservation-Restauration de contribuer activement aux débats scientifiques qui animent aujourd’hui le domaine de la sauvegarde des biens culturels», a-t-il ajouté
Dans son allocution, Il a appelé à valoriser les intelligences locales à travers leur documentation, leur analyse et leur enrichissement par la recherche contemporaine, souhaitant que cette rencontre ouvre de nouvelles perspectives pour la sauvegarde du patrimoine culturel congolais.
«La modernité scientifique ne devrait pas nous conduire à oublier nos propres intelligences. Elle devrait plutôt nous donner les moyens de les interroger, de les documenter, de les éprouver et de les enrichir», a-t-il dit.
M. Kalama a rappelé que les œuvres d’art ne sont pas uniquement des objets matériels, mais également des supports de mémoire, de savoir-faire, de traditions et de représentations culturelles dont la préservation nécessite une approche scientifique, culturelle et humaine.
«Les œuvres d’art ne sont pas seulement des objets matériels. Elles incarnent des mémoires, des techniques, des représentations du monde et des traditions dont la préservation nécessite une approche à la fois scientifique, culturelle et humaine», a précisé Henri Kalama, directeur général de l’académie des beaux-arts de Kinshasa
Prenant la parole, Francine Mava, cheffe du département de conservation-restauration des œuvres d’art, a présenté la mention « Clinique des œuvres d’art », où les objets fragilisés ou détériorés sont examinés et traités afin de ralentir leur dégradation, de stabiliser leur état et de préserver leur valeur patrimoniale.
«Nous aimons comparer notre mention à une véritable clinique des œuvres d’art. Parce que, tout comme une clinique accueille des patients qui sont dans le besoin, notre mention accueille des œuvres et des objets d’art fragilisés, endommagés et détériorés par le temps, des mauvaises manipulations, des conditions climatiques défavorables, l’humidité, les variations de température, ainsi que d’autres facteurs de dégradation», a souligné Francine Mava.
D’autres part, Elodie Cacheux, Cheffe de projet du Pôle EUNIC RDC, a expliqué que cette formation, unique en Afrique centrale, produit déjà des résultats concrets, notamment la restauration de dizaines d’œuvres en collaboration avec l’Institut des Musées nationaux du Congo. Tout en rappelant que les conservateurs-restaurateurs jouent un rôle essentiel dans la préservation de la mémoire collective, particulièrement dans le contexte des restitutions des œuvres d’art.
Elle a exhorté les étudiants à faire preuve de passion, de patience, d’humilité et d’intégrité, rappelant qu’ils seront les futurs gardiens du patrimoine culturel national et africain.
«Chers étudiants. Votre filière exige passion, patience et intégrité. Les œuvres que vous toucherez ne sont pas de simples objets, ce sont des fragments de l’histoire de l’humanité. Prenez-en grand soin. Vous serez demain les restaurateurs, les conservateurs, les chercheurs et les experts du patrimoine», a martelé Elodie Cacheux Cheffe de projet du Pôle EUNIC RDC
La mention de Conservation-Restauration des œuvres d’art est un programme d’études organisée au sein de la Filière Arts Plastiques de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa depuis 2013. Créé grâce au partenariat existant, d’une part, entre la République Démocratique du Congo et la Wallonie-Bruxelles Internationale, et d’autre part, entre l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et l’Ecole nationale supérieure des arts visuels de la Cambre, et bénéficie aussi du soutien de EUNIC RDC. ACP/ N. M.

