Kinshasa, 30 avril 2026 (ACP).- La publication de l’ouvrage « Ce que j’ai demandé au soleil » de l’écrivain camerounais Aristide Meyo Ayolo, explorant la myasthénie (infection neurologique grave) a été portée jeudi à la connaissance du public, par une critique littéraire jointe par l’ACP depuis Kinshasa en République démocratique du Congo.
« La publication de l’ouvrage « Ce que j’ai demandé au soleil » explorant la myasthénie à travers une approche à la fois autobiographique, poétique et existentielle, a été portée à la connaissance du public. Au départ, j’écrivais simplement pour survivre (…) j’ai compris que ce que je vivais ne m’appartenait plus totalement. Mes mots faisaient écho à quelque chose de plus universel », a déclaré Pauline Marie Noëlle se référant aux propos de l’auteur.

Selon ces propos, cet ouvrage, publié aux Éditions Afribook, s’inscrit dans une démarche de transformation de l’épreuve personnelle en matière de création et de partage.
« Je n’écrivais plus seulement pour moi, mais pour transformer l’épreuve en sens, et offrir aux autres un miroir », a expliqué Aristide Meyo Ayolo.
D’après l’écrivain, la maladie, souvent abordée sous un angle strictement médical, a été pour lui une expérience intérieure ayant conduit à une réflexion plus profonde sur le sens de la vie.
« Ce n’est pas métaphysique par choix. C’est métaphysique par nécessité (…) quand la médecine ne peut plus tout, il reste la question du sens », a-t-il affirmé.
Il a, en outre, martelé le rôle de l’écriture comme moyen d’expression et de dépassement de la souffrance, où la poésie s’impose comme un langage adapté à l’intensité de l’expérience vécue.
« La poésie, pour moi, c’est le langage de l’urgence (…) quand les mots ordinaires ne suffisent plus », a-t-il confié.
A en croire M. Aristide Meyo, l’ouvrage développe également une dimension initiatique, marquée par une descente dans l’épreuve suivie d’un processus de reconstruction personnelle.
« La maladie m’a dépouillé de tout (…) mon livre raconte cette mort-là et cette renaissance-là », a-t-il indiqué.
L’auteur a par ailleurs évoqué l’ambivalence du corps dans son récit, perçu à la fois comme limite et révélateur.
« Certains jours, je hais mon corps. D’autres jours, je lui dois tout », a reconnu l’auteur.
En ce qui concerne le titre de l’ouvrage, l’écrivain a mis en avant la symbolique du soleil, présenté comme une figure de lumière, de vérité et d’espérance.
« Le soleil représente la vie, la vérité, la parole, Dieu (…) cette certitude qu’il existe toujours une lumière possible », a-t-il soutenu.
Selon l’écrivain, son engagement auprès des personnes atteintes de myasthénie a contribué à élargir la portée de son écriture, désormais orientée vers une dimension collective.
« Il ne s’agissait plus seulement de dire “je”, mais de témoigner aussi pour ceux qui n’ont pas les mots », a-t-il souligné.
Disponible auprès des Éditions Afribook et sur plusieurs plateformes, « Ce que j’ai demandé au soleil » se veut une contribution à la littérature contemporaine, en mettant en lumière les questions de vulnérabilité, de résilience et de quête de sens.
ACP/C.L.

