Faux ! La BCC n’a pas été piratée pour détourner les recettes de l’État

Kinshasa, République démocratique du Congo, le 11 septembre 2026 (#ACP_Debunkage).- Des publications attribuées au « Journal La Transparence », relayées sur les réseaux sociaux, affirment qu’un réseau d’informaticiens aurait piraté les serveurs de la Banque Centrale du Congo (BCC) afin de détourner plusieurs millions de dollars de recettes publiques.

Cette affirmation est fausse. Elle repose sur une interprétation erronée d’écarts constatés entre différents systèmes d’information et présente des opérations de conciliation comptable comme la preuve d’un prétendu cyber-détournement.

Origine de la désinformation

La rumeur circule sur plusieurs plateformes numériques et a suscité de nombreuses réactions au sein de l’opinion.

Selon cette publication, des informaticiens de la BCC auraient manipulé la plateforme numérique ISYS-RÉGIES pour valider de fausses quittances, effacer des traces numériques et détourner des recettes fiscales destinées au Trésor public.

Vérification des faits

L’analyse des éléments disponibles, ainsi que les précisions communiquées par la Banque Centrale du Congo, ne permettent pas d’établir l’existence d’un piratage informatique des systèmes de la BCC ni d’un détournement des recettes de l’État.

Les divergences constatées entre les différents systèmes d’information font l’objet de travaux de rapprochement et de conciliation comptable. Un écart de données ne constitue donc pas, à lui seul, la preuve d’une cyberattaque ou d’un détournement de fonds publics.

Les précisions de la Banque Centrale du Congo

Dans une mise au point publiée le 10 septembre 2026, la Banque Centrale du Congo explique que la traçabilité et le contrôle des recettes font l’objet d’un suivi régulier.

L’institution indique notamment que ses services mettent quotidiennement à la disposition des délégués des régies financières des reportings retraçant les recettes comptabilisées au Compte Général du Trésor. Elle précise également que les écarts éventuellement constatés font l’objet de discussions dans le cadre de la conciliation.

La BCC affirme par ailleurs que les opérations d’encaissement des recettes de l’État sont enregistrées dans ses systèmes d’information et qu’elles ne font l’objet d’aucune manipulation (https://x.com/bcc_rdc/status/2098051018961379400?s=46).

Ces précisions permettent de comprendre que les différences relevées dans les données nécessitent un rapprochement entre les différents systèmes concernés et ne peuvent être assimilées automatiquement à une opération de cybercriminalité.

Conclusion

L’affirmation selon laquelle la Banque Centrale du Congo aurait été piratée dans le but de détourner les recettes de l’État est fausse.

La publication transforme des écarts faisant l’objet de travaux de conciliation comptable en un prétendu piratage informatique, sans apporter d’élément probant permettant d’établir l’existence d’une cyberattaque ou d’un détournement des recettes publiques.

Il convient donc de distinguer les écarts de rapprochement entre systèmes comptables d’une opération frauduleuse ou d’une cyberattaque, qui nécessiteraient des éléments de preuve spécifiques.

Recommandation

L’ACP-Debunkage recommande aux internautes de ne pas relayer des informations à caractère sensationnel sans en vérifier préalablement la source et le contenu.

Avant de partager une publication, il est important de vérifier l’authenticité des documents présentés, l’identité et la crédibilité de leur émetteur ainsi que la confirmation des faits par des sources officielles et fiables.

Ne devenez pas un complice involontaire de la désinformation.

#ACP_Debunkage

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