Campagne électorale au Congo-Brazzaville: les candidats invités au strict respect de la loi

Kinshasa, 1er mars 2026 (ACP).- Le gouvernement congolais a invité les candidats à sillonner le territoire national pour présenter leur programme de gouvernance dans le strict respect de la loi et règlements de la République pendant la campagne électorale pour l’élection présidentielle, ont rapporté dimanche les médias internationaux.

« J’invite les candidats à sillonner le territoire national pour présenter leur programme de gouvernance dans le strict respect de la loi et règlements de la République pendant cette campagne électorale pour l’élection présidentielle », a déclaré Raymond Zéphirin Mboulou, ministre de l’Intérieur et de la décentralisation.

« La campagne électorale doit renoncer à la violence et fédérer les Congolais autour des idéaux de tranquillité et de concorde citoyenne », a-t-il ajouté.  

La campagne électorale pour l’élection présidentielle de la République du Congo, prévue les 12 et 15 mars, a officiellement démarré samedi.

Sept candidats sont en lice, dont le président sortant Denis Sassou Nguesso, 82 ans, qui se présente pour un nouveau mandat de cinq ans, présenté comme le dernier autorisé par la Constitution. Face à lui, six candidats d’opposition entrent en lice dans un paysage politique marqué par la fragmentation et l’absence de certains grands partis.

Parmi les six autres candidats en lice figurent des personnalités bien connues de la scène politique. Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, député et président du parti « La Chaîne », se présente pour la cinquième fois depuis 2002. Le président du Parti pour l’Action de la République, Anguios Nganguia Engambé, compétit pour la quatrième fois d’affilée depuis 2009.

A eux s’ajoutent Uphrem Dave Mafoula qui revient pour la deuxième fois après la présidentielle de 2021; Vivien Romain Manangou enseignant universitaire; Destin Gavet du Mouvement Républicain; et Mabio Mavoungou Zinga, ancien député.

Il a également précisé que, pendant les deux semaines de campagne, des meetings et rassemblements sont prévus dans les quinze départements du pays, notamment dans les chefs-lieux.

Dans ce pays riche en ressources pétrolières mais confronté à d’importantes inégalités sociales, le scrutin s’annonce déterminant, même si son issue paraît largement favorable au chef de l’État sortant.

Un lancement à Pointe-Noire sous haute mobilisation

C’est à Pointe-Noire, capitale économique et pétrolière du pays, que la campagne a été lancée samedi 28 février. Le président Denis Sassou Nguesso y a tenu son premier grand meeting. Il était entouré de partisans vêtus de t-shirts à son effigie et brandissant des affiches promettant une « vague » en faveur du « patriarche ».

La campagne, qui doit durer jusqu’au 13 mars, précède le premier tour prévu le 15 mars. À Brazzaville comme à Pointe-Noire, les panneaux d’affichage se multiplient. Les grandes artères sont quadrillées par les forces de sécurité. Dans plusieurs quartiers, les commerces ont fermé pour l’occasion.

Un président au pouvoir depuis plus de quatre décennies

Militaire de carrière, Denis Sassou Nguesso a dirigé une première fois le pays de 1979 à 1992 sous le régime du parti unique, avant de revenir au pouvoir en 1997 à l’issue d’une guerre civile. Depuis, il a remporté les scrutins de 2002, 2009, 2016 et 2021.

Une réforme constitutionnelle adoptée en 2015 a supprimé la limite d’âge de 70 ans et modifié le nombre maximal de mandats, lui permettant de se représenter. Début février, il a annoncé sa candidature pour un nouveau mandat de cinq ans. Celui-ci est présenté comme le dernier autorisé par la Loi fondamentale.

Depuis 2002, l’opposition conteste systématiquement les résultats des élections remportées par Denis Sassou Nguesso.

Entre stabilité revendiquée et défis économiques

Ancienne colonie française, la République du Congo dispose d’importantes ressources pétrolières et gazières. Pourtant, près de la moitié de ses six millions d’habitants vit sous le seuil de pauvreté.

Les partisans du président mettent en avant une croissance estimée à 3,1 % en 2025, le développement des infrastructures routières et électriques et l’amélioration de l’accès à l’électricité. Surtout, le Congo est central pour l’environnement et la principale victoire du Président réside dans le développement d’une « diplomatie verte » pour laquelle le COngo fait figure d’exemple en Afrique.

Denis Sassou Nguesso est aussi crédité d’avoir rétabli une stabilité après les conflits des années 1990. Surtout dans une sous-région où les conflits sont omniprésents. Toutefois, les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement des restrictions des libertés publiques et des pressions sur les opposants.

Un scrutin à l’issue prévisible ?

Dans ce contexte, la réélection du chef de l’État apparaît probable aux yeux de nombreux observateurs. L’appareil du Parti congolais du travail (PCT) reste solidement implanté et la dynamique de campagne joue en faveur du président sortant.

Reste que cette nouvelle élection se déroule dans un climat de vigilance accrue de la société civile et d’attentes sociales fortes. Si le résultat semble peu incertain, la participation et la perception de la crédibilité du scrutin pourraient constituer les véritables enjeux de cette présidentielle. ACP/C.L.

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