Iran : trois hauts responsables assurent la transition après la mort du guide suprême

Kinshasa, 1er mars 2026 (ACP).- Le gouvernement iranien a annoncé dimanche que le président Massoud Pezeshkian, le chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï et le juriste Alireza Arafi assureront la transition après la mort du Guide suprême Ali Khamenei jusqu’à l’élection du prochain dirigeant, ont écrit les médias internationaux.

«Le président, le chef du pouvoir judiciaire et un juriste du Conseil des gardiens assumeront la responsabilité jusqu’à l’élection du prochain dirigeant », a déclaré Ali Larijani, chef du plus haut organe de sécurité iranien.

«Ce conseil sera mis en place dès que possible. Nous travaillons à sa formation dès aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Il a également précisé que, le gouvernement a décrété 40 jours de deuil et un processus de transition qui débute en Iran, au lendemain de la mort du guide suprême Ali Khamenei, tué dans l’opération israélo-américaine baptisée « fureur épique ».

Qui sont les trois hauts responsables ?

Massoud Pezeshkian, âgé de 71 ans, est le neuvième et actuel président de la république islamique d’Iran. Surnommé par certains « le docteur » parce que chirurgien de profession, le député de Tabriz, la grande ville du nord-ouest de l’Iran, avait remporté l’élection présidentielle organisée à la hâte après la mort du président Ebrahim Raïssi dans un accident d’hélicoptère.

Au début de sa campagne, il était favorable à un réchauffement des relations entre l’Iran et les pays occidentaux, États-Unis en tête, et avait promis de négocier directement avec Washington pour la relance des pourparlers sur le nucléaire iranien. Ces derniers étaient au point mort depuis le retrait américain en 2018.

Son élection avait été entérinée par l’ayatollah Ali Khamenei, qui avait approuvé le « sage, honnête, populaire et érudit Massoud Pezeshkian ».

Après la mort du guide suprême iranien, le président iranien a dit que le venger était un « droit et un devoir légitime » pour son pays.

« La mort de cette plus haute autorité politique de la République islamique d’Iran et d’un éminent chef du chiisme dans le monde constitue une déclaration de guerre contre les musulmans, et en particulier contre les chiites, partout dans le monde », a martelé Massoud Pezeshkian.  

Gholamhossein Mohseni Ejeï 69 ans, a été promu par le guide suprême iranien en juillet 2021 pour prendre la suite d’Ebrahim Raisi. Il est le chef du pouvoir judiciaire en Iran. Ancien ministre du Renseignement de 2005 à 2009, il est considéré comme un religieux conservateur.

Le sexagénaire avait été placé sur les listes noires des sanctions américaines et européennes, il y a une quinzaine d’années, pour son rôle dans la répression d’un soulèvement populaire en 2009.

Dans une déclaration au moment de sa nomination, Ali Khamenei l’avait exhorté, à promouvoir la justice, rétablir les droits publics, garantir les libertés légitimes, veiller à la bonne application des lois, prévenir la criminalité et lutter résolument contre la corruption.

Après l’écrasement dans le sang début janvier d’un vaste mouvement de contestation iranien, Gholamhossein Mohseni Ejeï, avait averti qu’il n’y aurait « aucune indulgence » envers ceux impliqués dans les manifestations. Le parquet a par la suite condamné certains manifestants à des peines de mort.

Alireza Arafi a été désigné en dernier par le Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime et il a rejoint le Conseil de direction intérimaire. Religieux influent âgé de 67 ans, il est enraciné dans les institutions religieuses et politiques du pays. Il siège au Conseil des Gardiens de la Révolution, organe chargé de réviser les lois et d’approuver les candidats aux élections. Il est aussi membre de l’Assemblée des experts, instance responsable notamment de la désignation du guide suprême de l’Iran.

Les États-Unis et Israël ont annoncé samedi  avoir lancé des frappes sur l’Iran, appelant les Iraniens à prendre le pouvoir. L’Iran a riposté en lançant des missiles contre Israël et de très nombreuses villes du Moyen-Orient, notamment celles abritant des bases américaines.

Plusieurs explosions ont notamment eu lieu à Téhéran, Ispahan, Doha, Dubaï, Abou Dhabi, au Koweït, à Bahreïn… Dans la soirée, Donald Trump a annoncé que l’ayatollah Ali Khamenei avait été tué, ce que les médias officiels iraniens ont confirmé quelques heures plus tard

L’UE condamne les attaques iraniennes au Moyen Orient

L’Union européenne a condamné les attaques menées par le régime iranien contre ses voisins, estimant qu’elles font courir le risque d’une extension du conflit au Moyen-Orient.

« Les attaques aveugles du régime iranien contre ses voisins risquent d’entraîner la région dans une guerre plus large, ce que nous condamnons », a affirmé Kaja Kallas, Haute représentante de l’Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité.

« Il est essentiel que la guerre ne s’étende pas davantage. Le régime iranien a des choix à faire », a-t-elle ajouté.

Mme Kallas a convoqué une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères en visioconférence dimanche pour discuter de l’Iran et des événements qui évoluent rapidement au Moyen-Orient.

« Je suis en contact avec nos partenaires dans la région du Golfe », a-t-elle précisé.

Parallèlement à cette réunion ministérielle, les ambassadeurs des Etats membres de l’Union européenne doivent également se réunir pour examiner la situation.

L’UA appelle à la retenue et à la diplomatie

Les frappes militaires menées samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran ont déclenché une réaction immédiate. L’Union africaine appelle à la retenue, à la désescalade et au dialogue, soulignant les risques pour la stabilité mondiale et les conséquences économiques pour l’Afrique.

La Commission de l’Union africaine (CUA) a exprimé sa profonde inquiétude face aux frappes américaines et israéliennes contre l’Iran. Elle appelle à une désescalade urgente, au respect du droit international et à la Charte des Nations Unies pour préserver la paix et la sécurité internationales.

L’Union africaine avertit que toute aggravation du conflit pourrait avoir des répercussions importantes sur les marchés de l’énergie, la sécurité alimentaire et l’économie, en particulier en Afrique. Elle insiste sur le recours à la médiation internationale, notamment facilitée par le Sultanat d’Oman, pour éviter une détérioration de la situation.

Le responsable des services secrets allemands alerte sur un risque de représailles

Le président de la commission parlementaire allemande chargée du contrôle des services secrets a indiqué que, des mesures de représailles, commises notamment par des cellules dormantes iraniennes en Europe, ne peuvent être exclues après les frappes américaines et israéliennes qui ont tué le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei.

«Des mesures de représailles, notamment par des cellules dormantes iraniennes en Europe, ne peuvent être exclues», a dit Marc Henrichmann, précisant que les mesures de protection devaient être adaptées si nécessaire.

 «Le régime iranien a démontré à plusieurs reprises dans le passé qu’il menait des actions terroristes au-delà de ses propres frontières», a-t-il renchéri.

« Le seuil vers un avenir incertain a été franchi avec la mort de Khamenei » (chancelier allemand Merz)

Le chancelier allemand Friedrich Merz, qui partage néanmoins le «soulagement» des Iraniens «de voir le régime des mollahs arriver à sa fina précisé que, la mort de l’ayatollah Khamenei signifie que le seuil vers un avenir incertain a été franchi.

Face à la riposte iranienne et au risque d’escalade au Moyen-Orient, Merz a exhorté Téhéran à arrêter immédiatement ses attaques au hasard.

Le dirigeant allemand a également confirmé sa visite, le 3 mars à Washington, auprès du président américain Donald Trump, avec qui il échangera sur «l’ensemble des développements» au Moyen-Orient. ACP/C.L.

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