Kinshasa, 15 déc. 2025 (ACP).- La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a décidé de lancer une brigade antiterroriste forte de 1 650 hommes d’ici à la fin de 2026 pour empêcher les multiples coups d’états qui s’organisent et se produisent actuellement en Afrique, ont rapporté lundi les médias internationaux.
« Nos ministres des Finances et nos ministres de la Défense avancent sur les modalités d’un financement durable et se préparent à lancer une brigade antiterroriste forte de 1 650 hommes d’ici à la fin de 2026 », a déclaré Julius Maada Bio, président en exercice de la conférence des chefs d’État de l’organisation. « Une plus grande intégration régionale ne pourra avoir lieu qu’en combattant frontalement le terrorisme et l’extrémisme violent», a-t-il ajouté.
Il a également précisé que les coups d’État représentent un pas en arrière pour les pays africains. « Dans la Cédéao, il y a une tolérance zéro pour les changements anticonstitutionnels de gouvernement. La réactivité dont ses dirigeants ont fait preuve dans le cas du Bénin est là pour confirmer cette doctrine », a ajouté Umar Alieu Turay, président de la commission de l’organisation. Les présidents membres de la Cédéao ont affirmé que l’organisation est favorable à la création d’une brigade antiterroriste pour la lutte contre le terrorisme qui reste l’une de leur priorité.
Selon les organisateurs de la Cédéao, les dirigeants ouest-africains membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest ont décidé de s’opposer aux putschs militaires après le coup d’État du mois dernier à Bissau et le putsch manqué du 7 décembre à Cotonou. Le chef de l’État sierra léonais et président en exercice de la conférence des chefs d’État de l’organisation a rappelé qu’il fallait concilier sécurité, gouvernance, éducation et création d’emplois. Julius Maada Bio a appelé ses pairs à consolider leur institution affaiblie par le départ de trois de ses fondateurs, le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
La Cédéao rejette la proposition de la transition pour la Guinée Bissau
Une nouvelle mission de haut niveau s’est annoncée pour s’envoler très prochainement pour Bissau dans le but de rencontrer les responsables de la junte militaire au pouvoir.
Les dirigeants ouest-africains ont rejeté la proposition de leur programme de transition et ont une nouvelle fois réclamé un retour immédiat à l’ordre constitutionnel dans ce pays, en exigeant la mise en place d’une transition courte et inclusive dans laquelle les forces politiques bissau-guinéennes sont largement représentées et la libération de tous les prisonniers politiques et des membres de la société civile détenus depuis l’arrêt du processus électoral.
Des sanctions ont été annoncées aux personnes qui empêcheraient la mise en place des mesures préconisées. Julius Maada Bio a enfin exhorté ses partenaires à faire en sorte que la Cédéao ne soit plus un espace de crises mais une terre d’opportunités. Dans cette perspective, il a tenu à mettre le cap sur 2027 et le lancement prévu d’une monnaie unique aux pays de l’organisation. Une tâche qu’il incombera notamment au Sénégal de préparer puisqu’à compter du mois de juillet prochain, c’est l’un de ses ressortissants qui recevra pour mission de présider la commission de la Cédéao. Pour rappel, les dirigeants de la Cédéao se sont retrouvés à Abuja, au Nigeria pour le 68ème sommet de l’organisation. Cette rencontre a été dominée par les récentes crises politiques au Bénin et en Guinée-Bissau. ACP/

