Kinshasa, 14 octobre 2026 (ACP).- La lauréate du prix Nobel de la paix a fustigé mercredi les sanctions «illégales» prises par Donald Trump à l’encontre de la Cour pénale internationale (CPI), estimant que ces mesures menacent les fondements et l’indépendance de la justice internationale, a rapporté le média français Le Figaro.
«Faites appel à vos conseillers juridiques pour qu’ils vous expliquent ce qu’est le droit international (…) et pourquoi il est illégal de s’ingérer dans les affaires d’une cour internationale indépendante», a déclaré Navi Pillay, lauréate du prix Nobel de la paix.
En effet, les États-Unis ont annoncé vendredi dernier des sanctions contre la CPI visant à paralyser le fonctionnement quotidien de la Cour, qui juge des individus pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide.
Navi Pillay a fait remarquer que les administrations américaines précédentes ont salué le mandat d’arrêt délivré par la CPI à l’encontre du président russe Vladimir Poutine.
«C’est de la sélectivité, c’est faire deux poids deux mesures, et c’est inacceptable», a-t-elle dit.
Ces sanctions, qui porteront atteinte aux infrastructures technologiques et aux opérations bancaires de la Cour, entreront en vigueur dans six mois.
Navi Pillay a également riposté aux responsables israéliens qui ont réagi avec indignation à l’attribution de son prix Nobel, en rapport avec sa présidence de la Commission d’enquête internationale indépendante (COI) des Nations unies, qui a conclu l’année dernière qu’un génocide était en cours à Gaza.
Benyamin Netanyahou l’a qualifiée de «fanatique», tandis que le ministère israélien des Affaires étrangères a déclaré que le » propagandiste nazi « Joseph Goebbels devait «applaudir depuis l’enfer» à l’annonce de sa récompense.
«Je trouve cela très blessant et insultant», a réagi Navi Pillay. Je ne peux plus être aussi active qu’avant. Goebbels avait du sang sur les mains. Il est responsable de la mort de milliers de personnes. Pas seulement des Juifs, mais aussi des personnes de couleur comme moi», a réagi Navi Pillay.
Pour la lauréate, il y a actuellement peu de volonté politique d’arrêter Benyamin Netanyahou pour qu’il réponde aux accusations de la CPI, et y comparaisse un jour.
«Mais toute ma vie, j’ai vu des gens surmonter des difficultés, je suis donc convaincue que cela finira par arriver», a-t-elle dit.
À 85 ans, elle craint de ne plus pouvoir voyager partout dans le monde pour vanter les mérites de la justice internationale, rappelant qu’elle s’était rendue dans 79 pays lorsqu’elle était Haute-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme.
«Je pense que mon âge va quelque peu me freiner. Je ne peux plus être aussi active qu’avant », a-t-elle précisé.
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