Emmanuel Macron salue le choix de l’Arménie de se tourner vers l’Europe

Kinshasa, 5 mai 2026 (ACP).- Le président français Emmanuel Macron a salué à Erevan le choix de l’Arménie de se tourner vers l’Europe, tout comme celui de la paix avec l’Azerbaïdjan, la seule voie raisonnable pour s’affranchir de la Russie, ont rapporté les médias internationaux. «On s’était un peu habitué pendant des décennies à ce que l’Arménie soit en quelque sorte un satellite de la Russie. Elle a fait le choix de sortir de cette entrave et de se tourner vers l’Europe», a déclaré Emmanuel Macron. «Ce choix de la paix qui a été fait (…), c’est aussi un choix de pragmatisme pour construire une stabilité (…). Je crois pouvoir vous dire que le choix des dirigeants actuels est le seul choix raisonnable», a-t-il ajouté.

La forte présence militaire russe en Arménie

Sur le plan militaire, une base russe est installée à Gyumri, la deuxième plus grande ville arménienne. Elle peut accueillir jusqu’à 5.000 soldats. En juillet dernier, les services de renseignement ukrainiens affirmaient que Moscou préparait un renforcement de cette base, dans le but d’exercer une plus grande influence dans le Caucase du Sud. Dans un document on peut lire des instructions données aux commandants russes pour faciliter la sélection de soldats, avec des critères spécifiques concernant la résistance psychologique et l’aptitude au combat.

Cette base est stratégique: elle est située à seulement 3,5 km de la frontière turque, le plus proche allié de l’Azerbaïdjan. L’idée étant que les soldats russes puissent être déployés rapidement dans la région du Haut-Karabakh en cas d’attaque de Bakou. Or, quand l’Azerbaïdjan a mené sa guerre éclair en 2023, il a pu prendre le contrôle total de la région sans être inquiété par l’armée russe, enlisée en Ukraine. Moscou ne jouant plus son rôle de protecteur, l’Arménie a gelé, fait inédit, sa participation à l’Organisation du traité de sécurité collective, l’OTSC – le pendant russe de l’Otan, dirigé par Moscou.

La « Trump Road », ou comment Washington a placé ses pions

L’accord de paix historique du 8 août dernier entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, sous l’égide de Donald Trump, ouvre de nouvelles perspectives – « une nouvelle ère de coopération régionale », selon Paris. Dans les faits, les États-Unis ont placé leurs pions le long d’un corridor énergétique très stratégique: le corridor de Zangezur, rebaptisé « Trump Route for International Peace and Prosperity« .

Ce corridor relie Bakou à Kars, en Turquie, en traversant le sud de l’Arménie. Sur cette « route de la paix »: un pipeline, une route et une ligne ferroviaire, confiés à la gestion et l’exploitation de compagnies américaines et turques – pour 99 ans. Derrière la « Trump Road », c’est un renforcement durable de l’influence américaine dans cette zone stratégique du Caucase. De nombreux analystes estiment que les Arméniens en ressortent affaiblis, politiquement et territorialement.

ACP/

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