Kinshasa, 1er juin 2026(ACP).- Le président libanais a qualifié lundi l’élargissement entamé dimanche de l’offensive israélienne dans son pays de « féroce » et « condamnable », à l’occasion de la 39e commémoration de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rachid Karamé, ont écrit les médias internationaux.
« En ces jours difficiles de l’histoire du Liban, qui fait face à une agression israélienne féroce et condamnable, alors que nous avançons à pas comptés vers la restauration de l’État et la réhabilitation de ses institutions, nous ressentons le poids de l’absence de tels hommes d’État, qui portaient les soucis de la patrie plus que ceux de leurs fonctions », a déclaré Joseph Aoun, président libanais.
«Le Liban d’aujourd’hui manque de voix comme la sienne, qui tend vers l’union et non vers la division », a-t-il ajouté.
Le président libanais a souligné que l’ancien Premier ministre, originaire de Tripoli et qui a dirigé le gouvernement libanais à huit reprises entre 1955 et 1987, « était le symbole d’une idée fondamentale qui habite encore la conscience de tout véritable Libanais : l’idée d’un Liban plus grand que ses communautés, plus noble que ses calculs étroits et trop précieux pour faire l’objet de marchandages ».
«Le président martyr était connu pour ses positions nationales constantes. Il croyait en un Liban uni et indivisible, refusant que le Nord, le Sud, la Montagne ou la Békaa ne soient autre chose que les différentes facettes d’une seule patrie accueillant tous ses enfants. Il était profondément convaincu que l’État est le seul garant du vivre-ensemble », a dit le président libanais.
Selon les sources, c’est la première réaction officielle du chef de l’État depuis que l’armée israélienne a annoncé la prise du château de Beaufort au Liban-Sud et lancé des ordres d’évacuation destinés à tous les habitants du Liban-Sud vivant au sud du fleuve Zahrani.
La négociation pour mettre fin au conflit
Par ailleurs, le chef de l’État a de nouveau défendu le choix de la négociation avec Israël pour mettre fin au conflit.
«La négociation est plus sûre que la guerre et nous continuons de constater les horreurs et les conséquences du conflit. Cependant, elle ne résoudra pas le problème en quelques instants ; c’est un processus qui exige du temps, et nous n’avons pas d’autre choix », a-t-il indiqué.
« Malheureusement, certains considèrent la négociation comme une capitulation, mais il n’en est rien. Il ne s’agit pas d’une concession, mais plutôt d’une solution pour mettre fin aux guerres en causant le moins de dégâts possible. Nous ne renoncerons pas à notre choix, et nous tous, au Liban, en tant que responsables, faisons tout notre possible. Les négociations peuvent bien être entravées ou retardées, mais elles progressent », a souligné Joseph Aoun devant des visiteurs issus du secteur privé.
Le président a par ailleurs précisé que les roquettes lancées au début de la guerre (le 2 mars) provenaient de la zone située au nord du fleuve Litani.
« Il convient également de relever que les Israéliens, pour leur part, n’ont pas coopéré à la mise en œuvre de l’accord du cessez-le-feu, en vertu duquel Israël était censé évacuer les cinq points qu’il occupait. Or, Israël a poursuivi ses opérations militaires et bombardé des villages sous prétexte de légitime défense », a-t-il conclu. ACP/

