Kinshasa, 11 décembre 2025 (ACP).- Le porte-parole du gouvernement du Soudan du Sud s’est dit préoccupé par l’insécurité croissante le long du champ pétrolier clé situé sur une zone frontalière au Soudan, ont rapporté jeudi les médias internationaux.
« Le Soudan du Sud est préoccupé par l’insécurité croissante le long du champ pétrolier et a « toujours plaidé en faveur d’une solution pacifique et diplomatique« , a déclaré Ateny Wek Ateny, porte-parole du gouvernement du Soudan du Sud.
« Un accord tripartite a été conclu entre les SSPDF (Forces armées sud-soudanaises), les SAF et les FSR, accordant aux SSPDF la responsabilité principale de la sécurité du champ pétrolier de Heglig (…) dans un contexte de tensions croissantes« , a-t-il ajouté. Les autorités du Soudan du Sud ont annoncé avoir conclu un accord avec les belligérants du conflit au Soudan voisin, chargeant l’armée sud-soudanaise de sécuriser un champ pétrolier-clé situé sur une zone frontalière, dont les paramilitaires soudanais se sont emparés. Le site de Heglig est situé à l’extrême Sud de la région soudanaise méridionale du Kordofan, frontalière du Soudan du Sud.
Cette région est devenue l’épicentre actuel des combats, après la prise de contrôle par les paramilitaires, en octobre, de la totalité de celle du Darfour, dans l’Ouest du pays.
Heglig abrite la principale installation de traitement pour le pétrole sud-soudanais destiné à l’export. Des soldats soudanais ayant abandonné leurs positions sur le site pétrolier ont, selon Juba, déposé leurs armes au Soudan du Sud.
Les FSR ont cette semaine accusé l’armée soudanaise d’avoir mené une attaque de drone contre le champ pétrolier, qui aurait tué « des dizaines » de personnes et détruit des infrastructures vitales.
Lors de son indépendance du Soudan en 2011, le Soudan du Sud a hérité de 75% des réserves pétrolières du Soudan pré-sécession, mais, enclavé, continue de dépendre des infrastructures soudanaises pour l’exporter. Malgré l’exploitation de ce pétrole, le plus jeune pays du monde connaît depuis des années une grande instabilité et un très fort taux de pauvreté.
Au Soudan, la guerre entre l’armée et les paramilitaires a tué depuis deux ans et demi des dizaines de milliers de personnes et provoqué le déplacement de douze millions d’habitants, mais aussi dévasté les infrastructures du pays. ACP/

