Kinshasa, 22 janvier 2026 (ACP).- L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a déployé jeudi des équipes d’urgence dans l’Est de la Libye à la suite de la découverte d’un charnier et de prisons souterraines révélant de graves violations des droits humains, ont rapporté les médias internationaux.
« Ces cas choquants mettent en évidence les risques graves auxquels sont confrontés les migrants qui tombent entre les mains de réseaux criminels opérant le long des routes migratoires », a déclaré Nicoletta Giordano, cheffe de mission de l’OIM en Libye.
« La nécessité urgente de renforcer les mécanismes de protection, de lutter contre la traite et le trafic d’êtres humains et de traduire les responsables de ces crimes en justice », a-t-elle ajouté.
Cette intervention fait suite à une série d’opérations menées par les autorités libyennes dans les villes d’Ajdabiya et de Koufra, qui ont permis la fermeture de centres de détention clandestins où des migrants étaient retenus dans des conditions inhumaines.
Les autorités ont procédé à Ajdabiya la semaine dernière, à la fermeture d’un centre de détention illégal, entraînant la libération de 195 migrants. L’opération a également conduit à la découverte de 21 corps dans une fosse commune. D’après les premières informations fournies par les autorités locales et relayées par l’OIM, les victimes auraient été séquestrées et torturées afin d’extorquer des rançons à leurs familles.
Dans une autre opération distincte menée à Koufra, les forces de sécurité ont découvert une prison souterraine située à environ trois mètres sous terre. Au total, 221 migrants et réfugiés, dont des femmes, des enfants et un nourrisson âgé d’un mois, ont été libérés. Selon les éléments préliminaires, ces personnes auraient été détenues pendant une longue période dans des conditions extrêmement dégradantes.
Au moins dix d’entre elles ont été évacuées en urgence vers des structures hospitalières pour recevoir des soins médicaux.
Sur le terrain, les équipes de l’OIM à Koufra assurent une assistance humanitaire immédiate, notamment par la distribution de vêtements, la réalisation d’examens médicaux et l’orientation des cas les plus urgents vers les établissements hospitaliers. L’organisation a salué les efforts des autorités libyennes visant à secourir les survivants, à identifier les victimes et à mener des enquêtes coordonnées.
L’OIM a enfin rappelé l’importance de renforcer la surveillance, la collecte de données et les mécanismes d’orientation, ainsi que les capacités des institutions nationales à démanteler les réseaux criminels, afin de prévenir de nouvelles pertes en vies humaines. Elle a réaffirmé son engagement à soutenir la Libye dans la lutte contre la traite des êtres humains et à fournir une assistance humanitaire aux migrants dans le respect des droits humains.
ACP/JF

