«L’UE pourrait ajouter les gardiens de la révolution sur sa liste des terroristes» (La cheffe de la diplomatie de l’UE)

Kinshasa, 29 janvier 2026(ACP).- La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne a affirmé jeudi que sa structure pourrait décider d’ajouter les Gardiens de la révolution en Iran sur sa liste des organisations terroristes, en réponse à la répression «la plus violente» de l’histoire récente iranienne, ont écrit les médias internationaux.

« Je m’attends à ce que nous convenions d’inscrire les Gardiens de la révolution iraniens sur la liste des organisations terroristes (…) si vous agissez en terroriste, vous devez être traité comme tel », a déclaré Kaja Kallas, cheffe de la diplomatie de l’UE.

De son côté, la France avait annoncé mercredi qu’elle était désormais prête à prendre sa décision, levant ainsi un des principaux obstacles à son adoption.

« Il ne peut y avoir aucune impunité pour les crimes commis », avait laissé entendre Jean-Noël Barrot, ministre français des Affaires étrangères, à son arrivée à Bruxelles.

Le ministre avait également lancé un appel aux autorités iraniennes à libérer les prisonniers et « à mettre fin aux exécutions qui poursuivent la répression (…) la plus violente de l’histoire contemporaine de l’Iran ».

Son collègue espagnol Jose Manuel Albares a également confirmé être favorable à cette décision de l’UE. : «Je crois que c’est l’obligation de l’Union européenne d’utiliser tous les instruments à notre disposition pour mettre fin à cette répression ».

Pour sa part, le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot a lui aussi confirmé que son pays était prêt à suivre ses partenaires de l’UE, « à la lumière des atrocités » constatées ces dernières semaines ».

 » Les conséquences destructrices »

Le bras armé idéologique de la République islamique d’Iran est accusé par les organisations de droits humains d’avoir orchestré la répression meurtrière du vaste mouvement contestataire qui secoue le pays, faisant des milliers de morts.

L’Italie avait annoncé la semaine dernière son intention de proposer jeudi aux autres pays de l’Union européenne d’ajouter les Gardiens de la révolution sur cette liste.

Selon les sources, cette proposition était déjà sur la table des ministres de l’UE, mais faute d’unanimité, elle n’avait jusqu’à présent pas pu aboutir, certains pays s’inquiétant de la sécurité de leurs ressortissants.

Cette mesure était aussi jugée d’un impact limité, les Gardiens de la révolution étant déjà l’objet de sanctions européennes.

En outre, l’Iran a mis en garde contre des « conséquences destructrices » si l’UE décidait de cette inscription.

La priorité en ce moment, « c’est la sécurité de nos ressortissants, de nos entreprises et aussi des deux otages français, qui sont en sécurité à l’ambassade de France, et dont nous exigeons la libération définitive et immédiate », a indiqué M. Barrot.

« Les chefs de la diplomatie de l’UE vont également annoncer de nouvelles sanctions contre l’Iran, y compris contre les Gardiens de la Révolution en Iran », a assuré Mme Kallas.

Par ailleurs, quelque 21 entités et individus parmi lesquels de hauts responsables des Gardiens vont être ciblés par ces sanctions, qui prévoient une interdiction d’entrer dans l’UE et le gel des avoirs dans l’Union européenne.

Des sanctions vont également être décidées à l’encontre d’une dizaine d’individus et d’entités en Iran, accusés d’aider la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine,  grâce à la fourniture de drones ou de missiles.

ACP/JF

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