Kinshasa 8 février 2026(ACP).- Le chef de la diplomatie iranienne a annoncé dimanche que son pays ne renoncera pas à l’enrichissement de l’uranium «même si une guerre nous est imposée», deux jours après des pourparlers sur le nucléaire avec les Etats-Unis, ont écrit les médias internationaux.
«Pourquoi insistons-nous autant sur l’enrichissement (d’uranium) et nous refusons d’y renoncer même si une guerre nous est imposée? Parce que personne n’a le droit de dicter notre conduite» , avait qualifié l’atmosphère à Mascate de « très positive » a déclaré Abbas Araghchi, ministre des affaires étrangères iranien.
«L’Iran a payé un prix très lourd pour son programme nucléaire pacifique et pour l’enrichissement d’uranium», a-t-il ajouté.
Il sied de souligner que le ton a changé en à peine vingt-quatre heures, au lendemain de pourparlers sur le nucléaire avec Washington à Oman, le chef de la diplomatie iranienne, avait qualifié l’atmosphère à Mascate de « très positive », dimanche il a réaffirmé les lignes rouges de son pays, allant jusqu’à s’interroger sur le « sérieux » des Etats-Unis dans ces discussions.
Il a ainsi redit, lors d’un forum à Téhéran, que son pays ne céderait pas à la demande répétée de Donald Trump de renoncer à l’enrichissement d’uranium, « même si une guerre est imposée [à l’Iran] ».
Le diplomate iranien a également mentionné, sans en dire davantage, que l’Iran pouvait envisager « une série de mesures de confiance concernant le programme nucléaire » en contrepartie d’une levée des sanctions internationales qui asphyxient l’économie iranienne. Toutefois, il s’est interrogé sur le « sérieux » des Etats-Unis à « mener de véritables négociations.
L’Iran « évaluera l’ensemble des signaux et décidera de la poursuite des négociations », a-t-il affirmé.
Le déploiement militaire américain « ne nous effraie pas », a-t-il encore assuré, au lendemain d’une visite de l’émissaire américain, Steve Witkoff, à bord de l’Abraham-Lincoln, navire amiral de la force navale américaine déployée dans le Golfe. Ces dernières semaines, Donald Trump a multiplié les menaces d’intervention militaire en Iran, d’abord en réponse à la répression sanglante par le pouvoir du mouvement de contestation en janvier, puis pour pousser Téhéran à un accord sur le nucléaire.
Le président américain a salué quant à lui vendredi de « très bonnes » discussions, les premières depuis les bombardements américains sur des installations nucléaires iraniennes en juin dernier, en affirmant qu’elles se poursuivraient « au début de la semaine prochaine ». Les pourparlers « menés avec le soutien de gouvernements amis de la région constituent un pas en avant », a aussi déclaré, le président iranien, Massoud Pezeshkian.
Samedi, Abbas Araghtchi avait dit s’être mis d’accord avec Washington pour tenir « bientôt » une nouvelle session de discussions, relevant qu’il restait « encore un long chemin à parcourir pour établir la confiance ». ACP/C.L.

