ONU : Macky Sall appelle à des réformes internes

Kinshasa, 23 avril 2026 (ACP).- L’ancien président sénégalais a appelé à une réforme de l’Organisation des Nations – Unies, fondée sur la confiance, l’efficacité, la prévention des crises et un multilatéralisme renouvelé face aux défis systémiques du monde, ont rapporté les médias internationaux.

« Le monde se trouve à la croisée des chemins, entre fragmentation et unité, la crédibilité de l’ONU dépendra de sa capacité à produire des résultats concrets, cohérents et équitables. Les États membres à faire des choix audacieux pour permettre à l’organisation de faire mieux avec moins et de mobiliser pleinement son potentiel », a déclaré Macky Sall, candidat à la succession du secrétaire général de l’ONU.

Le candidat a plaidé pour une réforme en profondeur de l’ONU autour de trois axes : « rationaliser, simplifier, optimiser ». Il a insisté sur la nécessité d’une meilleure coordination entre agences, fonds et programmes afin d’éviter les duplications et d’améliorer l’efficacité des interventions sur le terrain, tout en garantissant une gestion transparente et rigoureuse des ressources.

Il s’est également prononcé en faveur d’une réforme consensuelle du Conseil de sécurité, destinée à renforcer sa légitimité, son autorité et son efficacité, en accompagnant les discussions en cours entre États membres.

L’ancien président sénégalais Macky Sall a été auditionné devant l’Assemblée générale des Nations Unies dans le cadre du processus de désignation du prochain secrétaire général, exposant une vision globale articulée autour de la réforme du multilatéralisme, de la gestion des crises contemporaines et de la transformation interne de l’institution.

Le candidat a d’emblée salué ses concurrents avant de poser les bases de son projet : faire du secrétaire général un « bâtisseur de ponts » capable de rétablir la confiance dans une organisation fragilisée par les divisions internationales.

Macky Sall a décrit un monde confronté à des défis « systémiques » plutôt que conjoncturels : intensification des rivalités géopolitiques, multiplication des conflits armés, vulnérabilités accrues face au changement climatique, montée des fragilités économiques et sociales, et pression migratoire. À ces crises s’ajoute une transformation rapide portée par les technologies, notamment l’intelligence artificielle (IA), qui représente à la fois un risque et une opportunité si elle est correctement gouvernée.

Il a réaffirmé le caractère indispensable du multilatéralisme pour atteindre les objectifs fondamentaux de l’ONU : maintien de la paix et de la sécurité internationales, protection des droits humains, promotion du développement et renforcement de la coopération entre les peuples.

Mettant en avant une expérience de près de quarante ans dans la sphère publique, allant de fonctionnaire à président de la République, en passant par maire, ministre, Premier ministre et président de l’Assemblée nationale, le candidat a souligné sa connaissance des rouages étatiques et des dynamiques internationales. Il a insisté sur sa pratique du dialogue au plus haut niveau, notamment avec des dirigeants africains et dans des cadres tels que le G7 et le G20, ainsi que sur sa capacité à conduire des réformes et à arbitrer des priorités dans des contextes complexes.

Par ailleurs, Macky Sall a fixé comme priorité la restauration de la confiance entre États membres et au sein de l’opinion mondiale. Il a promis d’être un secrétaire général impartial, à l’écoute de tous, engagé dans une diplomatie de prévention plus active, reposant sur l’alerte précoce, la médiation et un renforcement de la coopération entre l’ONU et les organisations régionales. Il a également appelé à une réflexion approfondie sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix.

Le candidat a réaffirmé son attachement à la centralité des droits humains, rappelant leur caractère universel et indivisible, couvrant les dimensions civiles, politiques, économiques, sociales et culturelles. Il a insisté sur la nécessité de garantir leur protection dans le respect de la primauté du droit et des exigences de justice.

Il a souligné l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de l’Agenda 2030, à quatre ans de son évaluation finale, tout en préparant l’agenda post-2030. Il a attiré l’attention sur le poids croissant de la dette dans de nombreux pays en développement, sur les inégalités persistantes touchant particulièrement les jeunes et les femmes, ainsi que sur les limites des financements publics traditionnels.

L’ancien président du Sénégal a proposé une approche renouvelée du financement du développement, reposant davantage sur les partenariats, l’investissement privé et le commerce, soutenus par un meilleur accès au crédit. Il a évoqué le rôle potentiel du Forum sur le financement du développement comme levier de transformation économique et de création d’emplois, estimant que ces dynamiques contribueraient également à réduire les causes profondes de la migration irrégulière.

« C’est le moment d’agir », a-t-il conclu, en appelant à une mobilisation collective pour redonner à l’ONU sa pertinence et sa capacité à incarner un avenir commun fondé sur la coopération et la solidarité internationale.

ACP/JF

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