Mort d’une journaliste au Liban : les dirigeants accusent Israël d’un «crime de guerre»

Kinshasa, 23 avril 2026(ACP).- Les dirigeants libanais ont accusé Israël d’avoir perpétré un «crime de guerre» après la mort d’une journaliste dans une frappe aérienne au sud du pays, alors qu’elle travaillait près de la frontière, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions, ont indiqué jeudi les médias étrangers.

« Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban. Je dénonce des crimes de guerre », a indiqué Joseph Aoun, président libanais.

Par ailleurs, le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que «cibler des journalistes et entraver l’accès des équipes de secours constitue un crime de guerre», assurant que son pays poursuivra l’affaire devant les instances internationales.

Une frappe aérienne meurtrière

La journaliste libanaise Amal Khalil a été tuée et sa consœur indépendante blessée, après s’être réfugiées dans une maison du village d’al-Tiri.

Cette frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait où deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël et un homme qui l’accompagnait ont été tués, a précisé la même source.

La même frappe a ensuite visé la maison où s’étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que «des tirs israéliens visent l’ambulance», selon le ministère de la Santé.

Il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres du corps de l’autre journaliste. Les autorités libanaises ont décidé de mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d’avoir «entravé les opérations de sauvetage» et «visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge».

L’armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d’al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des «terroristes», qui avaient «franchi la ligne de défense avancée» de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une «ligne jaune» ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d’y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2400 morts au Liban.

L’armée israélienne a démenti avoir «empêché les équipes de secours d’accéder à la zone». Elle a indiqué que «des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes» et affirmé que l’incident était «en cours d’examen».

Amal Khalil a couvert les différentes guerres dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues. La journaliste était correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah.

Il sied de rappeler cependant, trois journalistes avaient été tués le 28 mars, dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l’ONU avaient réclamé une enquête internationale.

ACP/JF

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