Proposition d’une transition en Guinée Bissau: le Sénégal opte pour une acceptation encadrée

Kinshasa, 22 décembre 2025 (ACP).- Le gouvernement sénégalais a opté dimanche pour une acceptation encadrée face à la proposition d’une transition d’un an formulée par les autorités militaires bissau-guinéennes, aprèsl’interruption du processus électoral et le coup d’État de novembre dernier, ont rapporté les médias internationaux. « Finalement, nous avons accepté, mais nous devons encadrer. Dakar a opté pour une posture qualifiée de pragmatique et modérée face à la situation », a déclaré Cheikh Niang, ministre del’Intégration africaine et des Affaires étrangères. Le ministre sénégalais a également mis en avant la proximité géographique et les liens étroits entre les deux pays, estimant que les solutions à la crise devaient prioritairement être portées par les États directement concernés. Il a souligné la dimension transfrontalière des enjeux sécuritaires entre le sud du Sénégal et le nord de la Guinée-Bissau. La visite de la délégation sénégalaise en Guinée-Bissau intervient alors que le processus électoral a été suspendu le 26 novembre dernier, soit 24 heures avant la proclamation des résultats par la Commission nationale électorale (CNE). Le ministre Cheikh Niang a indiqué que le Sénégal avait condamné le coup d’État, appelé au rétablissement de l’ordre constitutionnel et exigé la reprise du processus électoral. Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a pour sa part dénoncé une « combine » devant l’Assemblée nationale et réaffirmé la nécessité du respect de la légalité constitutionnelle. Sur le plan politique, la situation demeure tendue. L’opposant Domingos Simões Pereira, soutien du candidat Fernando Dias da Costa, reste en détention, tandis que ce dernier, qui revendiquait sa victoire dès le lendemain du scrutin du 23 novembre, s’est réfugié à l’ambassade du Nigéria à Bissau. Dans le même temps, le président déchu, Umaro Sissoco Embaló, détenu un temps par les militaires qui ont pris le pouvoir, a été libéré et exfiltré vers le Sénégal. De son côté, la Cédéao a rejeté le chronogramme de transition proposé par les auteurs du coup d’État. Dans le communiqué final de sa 68ᵉ session ordinaire tenue le 14 décembre à Abuja, l’organisation a rappelé que les élections du 23 novembre avaient été jugées « libres, transparentes et pacifiques » par sa mission d’observation et d’autres partenaires internationaux. L’organisation régionale exige la libération immédiate des prisonniers politiques, la mise en place d’une transition de courte durée dirigée par un gouvernement inclusif, ainsi que la protection des institutions nationales. Elle a annoncé l’envoi d’une mission de haut niveau et d’une délégation du Comité des chefs d’état-major, tout en avertissant que des sanctions ciblées pourraient être prises contre toute entrave au retour à l’ordre constitutionnel. À la suite de l’interruption du processus électoral, le général N’Tam, chef d’état-major de l’armée de terre, a pris le pouvoir, mis en place une transition d’une durée d’un an, nommé un gouvernement et fait adopter une charte de transition. ACP/

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