Dette publique africaine : appel à la réforme et la préservation des dépenses sociales 

Kinshasa, 25 octobre 2026 (ACP).- Un appel à la réforme de l’architecture financière mondiale et à la préservation des dépenses sociales face au poids du service de la dette publique africaine a été lancé samedi par le Forum africain sur la dette et le développement (Afrodad), selon un communiqué de cette organisation consulté dimanche par l’ACP.

« Nous avons plaidé pour une réforme en profondeur de l’architecture financière mondiale afin de réduire le poids du service de la dette sur les économies africaines et de préserver les dépenses publiques consacrées à la santé et à l’éducation. Les pays africains consacrent davantage de ressources au service de leur dette, alors même que l’endettement global diminue », a déclaré Janet Zhao, directrice exécutive d’Afrodad, en marge des réunions annuelles 2026 du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale.

Selon elle, le coût moyen du service de la dette dans les pays à faible revenu est passé de 6 % à 14 % des recettes publiques en une décennie, une évolution qui, d’après les données présentées, s’explique notamment par les primes de risque élevées et les difficultés liées aux mécanismes actuels de restructuration de la dette.

D’après Mme Zhao, les discussions et les communiqués des réunions annuelles n’ont pas indiqué de changement substantiel de l’architecture financière mondiale, appelant à poursuivre le plaidoyer en faveur de réformes adaptées aux réalités économiques des pays africains.

De son côté, Dr Yungong Theophilus, responsable des politiques, du plaidoyer et de la recherche à AFRODAD, a estimé que les réunions n’avaient pas répondu aux attentes de la société civile en matière de transformation du système financier international.

« Le FMI et la Banque mondiale préconisent des réformes moins nombreuses mais plus approfondies, ainsi que de nouvelles réformes structurelles à court et moyen terme dans les pays africains », a-t-il indiqué, assimilant cette orientation à des mesures d’austérité susceptibles de réduire les marges de manœuvre budgétaires des États.

Pour y remédier, Afrodad a recommandé notamment des mécanismes contraignants de protection des dépenses sociales, une restructuration plus rapide des dettes devenues insoutenables et la mise en place d’une Convention-cadre des Nations unies sur la dette souveraine, destinée à renforcer la participation des pays emprunteurs aux décisions internationales.

Abordant la restructuration de la dette, Catherine Mithia, chargée des politiques, du plaidoyer et de la recherche sur la gestion de la dette souveraine à Afrodad, a souligné les limites du Cadre commun du G20, notamment son caractère non contraignant et la lenteur de certains processus de négociation.

L’organisation a également salué la création de la Plateforme des emprunteurs, qui réunit des pays en développement autour du partage d’expériences et de la coordination de leurs positions. Elle a appelé à renforcer la participation africaine à cette initiative et à faire progresser la Position africaine commune sur la dette, en collaboration avec l’Union africaine.

AFRODAD espère, par ailleurs, que la présidence britannique du G20 en 2027 permettra de replacer la restructuration et le refinancement de la dette parmi les priorités internationales. ACP/cnt@

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