Nairobi, 26 août 2026 (ACP).- Les gouvernements africains ont été appelés à renforcer leur unité et leur souveraineté économique pour mieux répondre aux défis de l’endettement, lors de l’ouverture, mercredi, de la 6ème Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD), organisée par l’African Forum and Network on Debt and Development (Afrodad), du 26 au 28 août 2026, à Nairobi, au Kenya.
« L’Afrique doit construire des économies structurées autour de ses propres priorités, plutôt qu’autour des bilans des créanciers extérieurs », a déclaré Jean-Emmanuel Pondi, professeur de science politique et de relations internationales.
« La caractéristique la plus frappante de la dette africaine n’est généralement pas son volume, mais la distance entre ceux qui prennent les décisions et ceux qui en supportent les conséquences », a-t-il relevé, en insistant sur la question de la responsabilité dans la gestion de la dette et de ses répercussions sur les populations africaines.
L’intervenant a également insisté sur la nécessité pour le continent d’adopter une position commune dans les discussions sur la dette et le financement du développement.
« L’Afrique n’a pas besoin de permission pour formuler ses exigences. Elle a besoin d’unité pour rendre ces exigences crédibles », a-t-il soutenu.
Il a, par ailleurs, estimé que les nouveaux emprunts ne devraient pas contribuer à perpétuer la dépendance financière du continent.
« Une dette qui finance autre chose que la transformation du continent ne fait que refinancer l’unité négative, renouvelant les coûts de notre fragmentation et y ajoutant de nouvelles échéances », a fait observer M. Pondi.
Organisée autour des enjeux de soutenabilité de la dette, de financement du développement et de souveraineté économique, la 6ème AfCoDD vise notamment à promouvoir des solutions permettant au continent de mobiliser davantage ses ressources internes et de réduire sa dépendance aux financements extérieurs.
La position commune africaine sur la dette traduit, dans cette perspective, la volonté des pays du continent de renforcer leur solidarité face aux créanciers et de défendre collectivement leurs intérêts dans les négociations financières internationales. Cette approche plaide pour des mécanismes de financements plus équitables, une réduction de la dépendance excessive aux ressources extérieures et un endettement davantage orienté vers le financement du développement économique et social de l’Afrique.
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