Kinshasa, 29 septembre 2025(ACP).- La République démocratique du Congo a été présentée vendredi au Europe-Africa inversement forum tenu à Bruxelles, en Belgique, comme un acteur clé de l’innovation technologique et du développement durable du continent africain par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, selon un communiqué consulté lundi par l’ACP.
« Ce vendredi 26 septembre à Bruxelles, le gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), André Wameso, a pris part au Forum Europe Africa Investment où il a dressé un état des lieux de l’économie congolaise et mis en avant la République démocratique du Congo (RDC) comme un acteur clé de l’innovation technologique et du développement durable sur le continent africain », a-t-on lu dans le communiqué de cette institution.
Selon le document, le gouverneur de la BCC a rappelé que son pays, fort de plus de 100 millions d’habitants dont 70 % ont moins de 25 ans, représente une puissance démographique stratégique.
Il a indiqué qu’avec un âge médian de 18 ans, le pays bénéficie d’un vivier humain sans égal pour soutenir sa transformation économique.
Cependant, a-t-il relevé, après plusieurs décennies marquées par l’instabilité politique et le déclin économique, le pays s’est engagé, depuis 2003, dans un processus de reconstruction, de démocratisation et de réformes structurelles.
Cet engagement, a dit Wameso, porte aujourd’hui ses fruits car, selon les projections du Fonds monétaire international (FMI), la RDC affiche une croissance robuste du PIB estimée à 6,3 % en 2025, soit bien au-dessus de la moyenne régionale de l’Afrique subsaharienne.
Toutefois, face à une démographie galopante, cette croissance reste insuffisante, nécessitant la poursuite du processus de diversification de l’économie, a-t-il fait savoir.
Le gouverneur Wameso a, par ailleurs, insisté sur les réformes engagées pour améliorer la collecte des recettes menant, notamment à la hausse spectaculaire des recettes de l’État, passées en moyenne de 4,2 milliards de dollars entre 2018 et 2020 à près de 9,4 milliards en 2024.
Ce bond significatif au niveau des recettes de l’Etat a été orienté principalement vers le secteur éducatif à travers la politique volontariste de gratuité de l’enseignement primaire.
Cette dernière politique a comporté l’avantage de briser le cycle d’inégalités, particulièrement en faveur des jeunes filles.
63% des femmes exercent une activité économique

Le gouverneur de la BCC
Dans son intervention, le gouverneur de la BCC a révélé que 63% des femmes en RDC exercent une activité économique. Grâce aux investissements dans l’éducation, a-t-il soutenu, ces chiffres devraient continuer à croître.
« Remettre la jeune fille à l’école, c’est transformer le pays et préparer les moteurs de la digitalisation économique et de l’inclusion financière », a affirmé André Wameso.
Il a rappelé qu’en 2021, la RDC s’est dotée d’un code numérique intégrant la protection des données, l’inclusion financière digitale, le renforcement de la cyber-sécurité et la réglementation des transactions électroniques. Face à cette insertion, la BCC entend jouer un rôle central en accélérant la transformation numérique, la circulation monétaire et en facilitant les paiements digitaux jusque dans les coins les plus reculés.
Ainsi, pour le gouverneur Wameso, la digitalisation n’est pas une question de souveraineté pour la RDC, mais de survie en ce qu’elle permettra de renforcer la confiance, d’améliorer la traçabilité, de formaliser l’économie informelle et d’élargir l’assiette fiscale.
« La RDC, grâce à la digitalisation, ne veut plus être considérée uniquement comme un réservoir de matières premières mondiales, mais comme un acteur majeur de la transformation digitale en Afrique grâce à l’éducation, notamment celle des femmes», a-t-il conclu. ACP/C.L.

