Kinshasa, 18 mars 2026 (ACP).- Des journalistes ont été sensibilisés, mardi à Kinshasa, aux dispositions relatives aux bénéficiaires effectifs de l’exploitation minière en RD Congo, par une organisation spécialisée sur les questions extractives lors d’un atelier de vulgarisation du livret mis en place à cet effet en vue de renforcer la transparence dans ce secteur.
« Aujourd’hui, nous avons échangé avec les journalistes sur la pertinence du livret de dispositions relatives aux bénéficiaires effectifs qui vise à lutter contre la corruption dans le secteur minier et à renforcer la transparence.
« La tenue de cet atelier vise à renforcer la compréhension et l’appropriation par les professionnels des médias, des dispositions relatives à la transparence sur les bénéficiaires effectifs dans le secteur des ressources », a-t-il dit.
A cette occasion, le directeur exécutif a relevé que la loi sur le blanchiment des capitaux et la lutte contre le terrorisme prévoit la mise en place d’un registre des propriétaires effectifs en RDC, qui, cependant n’est pas encore disponible à ce jour. A ce titre, il a précisé que la RDC est appelée dans le cadre de renforcement de la transparence à mettre en œuvre la divulgation complète des informations relatives aux bénéficiaires effectifs de cette exploitation, conformément à la norme ITIE.
Selon Jean-Pierre Okenda, cette transparence permet de lutter contre la corruption, de sécuriser les revenus de l’État et de renforcer la confiance des investisseurs dans les secteurs minier, pétrolier et gazier.
Défis et enjeux de l’application de ces dispositions

Le directeur exécutif de « Sentinelles des ressources naturelles » a également énuméré les défis et enjeux que connaît l’application de ces dispositions, notamment des enjeux liés à l’instabilité politique et des conflits internes, à la corruption endémique, au manque d’infrastructures et de ressources institutionnelles, au système informatique lacunaire caractérisée par l’absence de bases de données fiables et interopérable pour le suivi des transactions et des bénéficiaires effectifs qui rend difficile la collecte et l’analyse des informations requises. S’agissant de l’interprétation des lois, il a évoqué entre autres les défis causés par les ambiguïtés et des contradictions dans les lois nationales lesquelles peuvent créer des obstacles à leur application uniforme et efficace.
« Le secteur extractif est souvent marqué par l’exploitation illégale, ce qui représente un défis supplémentaire en matière de transparence des bénéficiaires effectifs », a dit Jean- Pierre Okenda
Par ailleurs, l’expérience comme celle du Nigéria démontre que la divulgation des bénéficiaires effectifs contribue à mettre à jour des pratiques de corruption et de népotisme, tout en renforçant l’Etat de droit et la reddition de comptes dans le secteur extractif.
« La République démocratique du Congo est ainsi encouragée à s’inspirer de ces bonnes pratiques afin d’aligner la transparence de la propriété réelle sur ses priorités nationales à travers les réformes pour garantir que les ressources naturelles profitent effectivement au développement du pays », a-t-il dit.
Ce livret a été mis en place avec la collaboration de l’Agence de prévention et de la lutte contre la corruption (APLC) et l’organisation internationale « Natural resource governance institue ». ACP/

