Kinshasa, 10 juin 2026 (ACP).– La culture de la vérification au sein des administrations publiques de l’État a fait l’objet d’un plaidoyer, mercredi à Kinshasa (République démocratique du Congo), par un sénateur, lors de son exposé au troisième jour d’un séminaire de l’Inspection générale des finances (IGF).
« Contrôler, c’est vérifier avant de subir. Le contrôle, c’est l’action d’examiner quelque chose pour vérifier sa régularité, son exactitude, sa validité, sa qualité et son bon fonctionnement. C’est mesurer ce qui a été fait par rapport à une norme, et voir si les résultats escomptés sont là », a déclaré le sénateur Christophe Lutundula.
Selon lui, les finances publiques ne peuvent progresser sans contrôle, encore moins lorsqu’elles s’articulent avec la politique. Pas question donc de réduire le contrôle à la seule sanction : c’est d’abord un outil d’aide à la décision et une véritable boussole.
À cette occasion, il a mis en relief les trois visages du contrôle public, à savoir, le contrôle de régularité ; le contrôle d’opportunité ; le contrôle de qualité et de performance.
M. Lutundula a insisté sur les nuances existantes. Selon lui, le contrôle politique est exercé par les institutions politiques (le Parlement et le Président de la République) et juge surtout de l’opportunité. En revanche, le contrôle administratif et technique vérifie la légalité et la conformité des actes.
Au cours de son exposé, il a également indiqué que les provinces congolaises peinent face à la corruption et aux conflits, dans un contexte où la justice manque de moyens. Dans ces conditions, le contrôle devient vital. C’est la boussole de la bonne gouvernance, permettant d’améliorer les performances financières et éthiques pour la bonne conduite de l’État.
Il a conclu en soulignant que soixante-six ans après l’indépendance, l’enjeu n’est plus de savoir s’il faut contrôler, mais comment mieux contrôler, « pour que le pouvoir arrête le pouvoir, et que la norme arrête l’arbitraire ». ACP/B/M

