Kinshasa, 10 août 2026 (ACP).- Le financement de la Banque mondiale envisagé dans le secteur des infrastructures en République démocratique du Congo (RDC) conformément au cadre du partenariat pays (CPF) a été considéré comme un investissement de transformation nationale, a expliqué un sénateur lundi à Kinshasa, capitale du pays.
« Le financement de la Banque mondiale constitue investissement de transformation nationale, un partenariat décennal susceptible de contribuer à la transformation nationale et au renforcement de l’intégration économique du pays, conformément au Cadre de partenariat pays (CPF) » a fait savoir Jean Bamanisa, sénateur.
« De Kinshasa à Lobito, d’Inga à Bukavu, la Banque mondiale prépare avec la RDC un partenariat décennal qui pourrait mobiliser jusqu’à 11 milliards de dollars pour changer le visage du pays », a-t-il précisé.
Selon lui, derrière ce montant se joue un enjeu majeur : transformer les routes, les voies ferrées, l’électricité et les corridors économiques en une véritable infrastructure de développement, capable de relier les territoires, de réduire les coûts logistiques et de favoriser la création de valeur en RDC.
« Onze milliards sur dix ans, cela représente, à titre indicatif, 1,1 milliard de dollars par an. Mais le chiffre le plus intéressant n’est peut-être pas 11. C’est 30 : l’ambition est en effet de faire des financements de la Banque mondiale un levier capable d’attirer plusieurs fois leur montant en capitaux privés », a-t-il ajouté.
Le sénateur a expliqué que ce montant correspond à une capacité de mobilisation envisagée sur dix ans dans le cadre du futur partenariat. Il a précisé que les consultations relatives au nouveau Cadre de partenariat pays encore en préparation sont toujours en phase de préparation et qu’il ne s’agit ni d’un décaissement immédiat ni d’une enveloppe déjà entièrement affectée à des chantiers précis.
D’après M. Bamanisa, le programme de 11 milliards de dollars ne fixe pas encore de kilométrage global officiel pour les routes et les voies ferrées, soulignant que les projets déjà structurés autour des corridors donnent une indication de l’ampleur des ambitions, notamment en ce qui concerne le corridor Centre-Est, autour de l’axe Mbuji-Mayi–Kasongo–Bukavu.
Parmi les travaux prévus figurent l’aménagement de 280 kilomètres entre Mbuji-Mayi, Kabinda et Mbanga, tandis que 206 kilomètres supplémentaires ont fait l’objet de contrats entre Mbanga et la rivière Lualaba.
« Voilà le chiffre qu’il faut retenir : 480 kilomètres de travaux identifiés dans la séquence actuelle, contre environ 1.020 kilomètres correspondant à l’ordre de grandeur de l’axe étudié jusqu’à Bukavu. En revanche, aucun chiffre officiel consolidé ne permet encore d’écrire que le CPF 2026-2036 construira X kilomètres de routes et Y kilomètres de voies ferrées », a précisé l’opérateur économique.
Les consultations pour le nouveau Cadre de partenariat pays ont été lancées le 4 juillet 2026 par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka. Ce partenariat décennal avec la Banque mondiale doit notamment permettre de soutenir des projets structurants susceptibles d’améliorer la connectivité, de stimuler l’investissement et d’accroître l’intégration économique de la RDC.
ACP/K.

