Kinshasa, 10 août 2026 (ACP).- L’impact de la politique industrielle sur la croissance économique de la République démocratique du Congo (RDC) de 1960 à 2022 a fait l’objet d’une analyse scientifique présentée lundi, à l’Université de Kinshasa (Unikin), lors d’une cérémonie organisée à cet effet.
« Cet article vise à évaluer l’impact de la politique industrielle mise en place en RDC sur la croissance économique de 2002 à 2022 au travers de différents instruments de politiques économiques qui ont contribué à l’attraction des investissements directs étrangers et nationaux dans le secteur industriel », a déclaré Michel Maswapi-Kipundo, doctorant en économie.
Selon ce chercheur, la production du secteur industriel et le capital humain influencent positivement la croissance économique, tandis que les investissements domestiques et l’instabilité politique exercent une influence négative.
M. Maswapi a indiqué que l’inflation, les dépenses publiques de consommation finale et les investissements directs étrangers agissent également sur la croissance économique en RDC, mais que leurs effets ne sont pas statistiquement significatifs, ce qui rend leur impact insuffisant pour transformer structurellement l’économie.
Il a relevé que le développement d’une économie se manifeste notamment par l’amélioration de ses performances, la modernisation du réseau d’infrastructures de transport, de logistique, d’industrie, de commerce et de technologie, ainsi que par le développement des institutions et le changement des attitudes et des valeurs, dans un processus qualifié de « mouvement » par Gunnar Myrdal (1968).
« Les pays à économie avancée se sont fortement développés grâce à l’industrie et ont reconnu le rôle crucial de l’industrialisation induite, essentiellement, par la contribution du secteur manufacturier au PIB. Ces pays ont choisi l’industrialisation comme élément central de leurs stratégies de développement et ont activement soutenu leurs industries à travers des politiques ciblées et des investissements bien orientés (Dhaoui, 2022) », a-t-il ajouté.
Selon lui, plus de 70 % des exportations d’une économie est liée à l’industrie et qu’aucun pays ne peut envisager de maintenir une trajectoire de croissance s’il perd sa base industrielle et devient dépendant de l’extérieur.
Il a, en outre, souligné que la RDC affiche des orientations volontaristes en faveur de la promotion du secteur industriel, notamment à travers le Plan d’accélération industrielle dénommé »Plan Directeur d’Industrialisation », en sigle PDI, qui œuvre pour l’instauration d’un écosystème permettant de converger vers davantage d’intégration et de limiter l’atomisation du secteur en pôles de développement.
« La RDC offre aux hommes d’affaires et aux entrepreneurs des perspectives d’investissement plus intéressantes que celles de nombreux pays de la région. Mais, l’inégale répartition de l’infrastructure de base sur le territoire national, les lourdes charges qui grèvent les achats de biens d’équipement ainsi que le mauvais climat des affaires caractérisé, notamment par une fiscalité lourde et non incitative, font que les coûts de création de nouvelles activités productrices restent élevés », a-t-il dit.
ACP/K.

