La monnaie nationale franchie des escaliers, la population réclame la baisse des prix (Par Lukusa, Mwawatadi et Kuloso)

Kinshasa, 8 oct. 2025 (ACP).- Le franc congolais, monnaie de la République démocratique du Congo (RDC), a franchi une fois de plus des escaliers en s’appréciant de 7,35% sur le marché interbancaire au 6 octobre 2025, le dollar étant changé à  2.470 CDF  (francs congolais) contre  2.666,03 CDF la semaine précédente, alors que les prix de quelques produits n’ont pas suivi.  « Au 6 octobre 2025, le taux de change s’est établi à 2.470 CDF le dollar américain à l’indicatif et 2.400 CDF sur le marché parallèle. Par rapport à la semaine précédente, la monnaie  nationale s’est appréciée de 7,35% sur le marché interbancaire et de 11,93 % sur le marché parallèle, en raison de différentes mesures d’encadrement économiques et monétaires initiées par le gouvernement et la Banque centrale du Congo » , a – t-on relevé des sources gouvernementale et bancaire.

La Banque centrale est intervenue sur le marché des changes à travers la vente de 50 millions de USD au 18 août 2025, l’orientation de toutes sorties de fonds vers la chaîne des dépenses outre que celles liées à la sécurité ainsi que l’introduction de la facture normalisée dans la taxation des droits dus à l’Etat. Selon les experts et d’autres financiers avertis, l’appréciation du taux de change sur les deux segments du marché tient, notamment à la forte demande de la monnaie nationale par les banques commerciales, en vue de constituer la réserve obligatoire,  la ponction de la liquidité opérée par le Trésor en cette période d’échéance fiscale, ainsi que la mise en place d’un mécanisme de renforcement de la transparence sur le marché des changes.  Pour confirmer le bon comportement de la monnaie nationale, le  cours du franc congolais sur le marché parallèle,  s’est  échangé mardi 7 octobre 2025 à 2.400 CDF (Franc congolais) et 2.350 CDF le dollar américain dans des communes périphériques du centre-ville de Kinshasa, accusant ainsi une appréciation de 11,93%. Les  billets de francs congolais sont devenus rares sur le marché de change, face à une réduction de la demande locale en dollar américain et un accroissement de l’offre en dollars américains sur le marché des changes. Dans cette même logique, l’évolution mensuelle du franc congolais face au dollar américain, à la date du 26 septembre, a fait ressortir une appréciation de 7,24 % sur le marché interbancaire et de 5,84 % sur le marché parallèle.  Par ailleurs, les réserves internationales se sont situées à 7.368,55 millions de USD au 22 septembre 2025, soit une couverture de 2,81 mois d’importations de biens et services. La note de conjoncture économique a préconisé le renforcement de  la mise en œuvre d’une politique monétaire restrictive et la poursuite d’une politique budgétaire prudente, la bonne coordination de celle-ci et la poursuite de la régulation de la liquidité bancaire , afin de stabiliser la monnaie nationale, tout en soutenant la politique monétaire par une économie productive , en vue de substituer les importations des biens de première nécessité par une production intérieure. Par ailleurs, la Première ministre, Judith Suminwa a relevé que toutes les mesures évoquées ci-dessus concourent au raffermissement du franc congolais sur le marché de change tout en assurant que la tendance continue pour pouvoir améliorer le pouvoir d’achat de la population.

« C’est bien d’avoir ce cadre macroéconomique et cette appréciation du franc congolais, mais en même temps on a besoin d’améliorer le pouvoir d’achat de la population », a déclaré la Première ministre Suminwa. « Les gens ne pensaient pas qu’on pouvait maintenir le taux de dollars, tout le monde disait qu’on allait arriver à 3.000 fc le dollar. Mais on est quand même arrivé à maintenir le taux (…).Aujourd’hui on a pu voir enfin le taux du dollar baissé, maintenant il faut continuer à le maintenir à un taux bas, afin qu’il n’y ait pas de fluctuations », a dit Judith Suminwa dans une de ses interventions au sujet du comportement de la monnaie nationale. 

Appel au soutien des efforts du gouvernement dans la stabilisation du franc congolais

 De son côté, la corporation professionnelle des cambistes manuels du Congo (Copcam)  a invité mardi ses membres à soutenir  les initiatives du gouvernement visant à stabiliser la monnaie nationale.  « Nous invitons  les membres de la corporation professionnelle des cambistes manuels du Congo (Copcam) à adopter un taux de change unifié et à soutenir les initiatives du gouvernement visant à stabiliser la monnaie de la République démocratique du Congo », a lancé Donat Lenghu,  président de la Copcam. Selon lui, ses membres doivent garder leur calme face à la dépréciation du dollar américain sur  le marché de change. Il est d’avis que les cambistes doivent soutenir et encadrer cette amélioration pour bâtir une économie solide en RDC. Il a tout de même reconnu que le nouveau taux de change a provoqué de la panique. Mais la situation va se stabiliser avec le temps. La population a demandé une baisse du taux, et c’est ce qui s’est produit.  M. Lenghu a indiqué que sur le marché parallèle, le taux du dollar américain varie actuellement d’une zone à l’autre à Kinshasa, entre 2350 et 2 450 franc congolais le dollar américain. Selon lui, cette baisse est attribuée à l’intervention de la Banque Centrale du Congo (BCC), qui a absorbé une partie de la masse monétaire en circulation sur le marché.  En sa qualité de changeur des monnaies, il a attribué le raffermissement du franc congolais à la sortie nette de devises plus importantes que les entrées et la  réduction de la demande locale en dollars, due à une ponction de la liquidité intérieure. A l’en croire, pour stabiliser la monnaie,  le pays devrait clôturer l’année avec un taux d’inflation de 7,8 %, un niveau historiquement bas depuis quatre ans.

Cependant, le gouvernement doit  s’inquiéter  de la soutenabilité budgétaire. Il a, en outre, relevé que si la masse salariale continue d’accroître sans contrôle, l’essentiel des recettes publiques sera absorbé par le paiement des salaires au détriment des investissements en infrastructures et du développement. Des actions courageuses sont nécessaires pour garantir un équilibre entre dépenses courantes et investissements structurants.ACP/

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