La RDC appelée à transformer ses ressources en levier de souveraineté minérale durable

Kinshasa, 24 octobre 2025 (ACP).- La République démocratique du Congo a été appelée, jeudi, à transformer ses ressources en levier de souveraineté durable et de développement, lors du Forum des Énergies Renouvelables et de l’Innovation Technologique organisé à Kinshasa, en République démocratique du Congo, a-t-on appris vendredi des organisateurs.

« Le temps est venu pour la RDC de transformer ses ressources en un levier de souveraineté minérale durable et de développement, au service des générations actuelles et futures », a déclaré Prof. Dona Kampata Mbwelele, Doyen de la faculté de pétrole et gaz à l’Université de Kinshasa.

Selon lui, la RDC est une puissance minérale mondiale appelée à jouer un rôle central dans la transition énergétique. Ses ressources stratégiques sont convoitées, car elles conditionnent l’avenir des technologies vertes. Mais le véritable défi est de les exploiter sans gaspiller sur le plan économique par la fraude et l’exportation brute,  sur le plan social, exploiter sans  laisser les populations dans la misère, sur le plan  écologique sans  détruire l’environnement.

Il s’agit, selon le professeur de « Développer des usines de raffinage de cobalt, de cuivre et de lithium en RDC, encourager les partenariats pour la fabrication de batteries et d’alliages sur place, créer des zones économiques spéciales intégrées à la ZLECAf et à la SADC ».

Il a fait savoir que la transition énergétique mondiale marque une révolution industrielle sans précédent. Pour réduire la dépendance aux hydrocarbures, les grandes puissances investissent dans les énergies renouvelables, les batteries électriques et l’hydrogène. Or, cette transition repose sur un socle minéral : cobalt, cuivre, lithium, coltan, germanium et terres rares, indispensables à la fabrication des batteries, des éoliennes, des panneaux solaires et des technologies numériques.

« L’exploitation artisanale emploie près de 2 millions de creuseurs dans des conditions précaires. Il y a une faible création d’emplois qualifiés dans les filières de transformation, et les communautés locales restent souvent pauvres malgré la richesse du sous-sol », a-t-il dit.

Pour Dona Kampata, la République Démocratique du Congo (RDC) est au cœur de cette mutation, avec plus de 70 % du cobalt mondial. Mais une interrogation majeure se pose : comment la RDC peut-elle exploiter ces richesses sans les gaspiller ? Les minerais sont exportés depuis l’époque coloniale jusqu’à ce jour sans valeur ajoutée.

« La Chine raffine plus de 60 % du cobalt extrait en RDC, l’Union européenne et les États-Unis cherchent à sécuriser leurs approvisionnements. La RDC est donc au centre des rivalités internationales », a-t-il martelé.

Il a indiqué que la RDC reste un acteur géologique clé : cobalt, essentiel pour les batteries des voitures électriques ; cuivre, indispensable aux réseaux électriques et aux énergies renouvelables ; lithium (Maniema, Tanganyika), très demandé pour les batteries ; tantale et germanium, indispensables aux technologies numériques et de défense ; terres rares, technologies de pointe, armements et moteurs électriques.

Cet exposé propose de réfléchir à une exploitation qui assure valeur ajoutée, durabilité et souveraineté. Devenir non seulement un fournisseur de minerais, mais aussi un acteur de transformation industrielle. Développer une économie qui ne repose pas uniquement sur l’exportation brute.

ACP/C.L.

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