La RDC et l’Afrique appelées à reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles

Nairobi, 25 août 2026 (ACP).- La République démocratique du Congo(RDC) et l’Afrique ont été appelées à renforcer leur souveraineté économique en reprenant le contrôle de leurs ressources naturelles, lors du pré-événement de la 6ème Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD), organisée mardi par l’African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD), à Nairobi, au Kenya.

« La RDC et l’Afrique doivent reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles pour transformer leurs richesses en véritable levier de développement. La souveraineté économique passe par une exploitation des terres, forêts, minerais, eaux et énergies au service des peuples africains », a déclaré Horman Chitonge, chercheur au Centre d’études africaines de l’Université du Cap.

L’orateur a rappelé que dans le secteur alimentaire, la dépendance aux importations demeure également une source de vulnérabilité pour le continent.

« La facture des importations alimentaires a augmenté de 64 %, dont une grande partie provient de l’extérieur du continent. Pourtant, l’Afrique dispose des moyens nécessaires pour produire localement. Les crises en Ukraine et en Iran nous montrent notre vulnérabilité : nous devons inverser cette tendance en renforçant la production locale », a-t-il relevé.

Le Pr Chitonge a démontré que la même tendance est observée dans le secteur énergétique.

« Les importations énergétiques sont passées de 118,9 MTOE à 194,9 millions de tonnes équivalent pétrole (MTOE), soit une hausse d’environ 64 % entre 2010 et 2023. La part des produits pétroliers est, elle, passée de 54 % à 70 %, confirmant une forte dépendance aux hydrocarbures importés », a-t-il indiqué.

Selon ce chercheur, pour l’Afrique, cette dépendance constitue un enjeu particulièrement important au regard des besoins de financement du développement et de la soutenabilité des finances publiques.

« En Afrique, une faible souveraineté économique renforce la dépendance aux financements extérieurs et fragilise l’autonomie budgétaire. Réduire la dette publique passe donc par une production locale accrue, une meilleure maîtrise des ressources naturelles et une moindre dépendance aux importations », a conclu M. Chitonge.

Cette problématique de souveraineté économique s’inscrit au cœur des débats sur la dette et le financement du développement en Afrique. La 6e Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD VI), prévue du 26 au 28 août 2026 à Nairobi, s’ouvre dans un contexte d’alourdissement du service de la dette et de contraction des marges budgétaires africaines.

Placée sous le thème « De la fragmentation à l’influence : vers la promotion de la position africaine commune sur la dette », la rencontre entend faire de la position commune africaine sur la dette un levier d’action et de négociation. L’objectif est de renforcer la voix collective du continent dans la réforme de l’architecture financière internationale et la recherche de solutions durables à la crise de la dette. ACP/C

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