Le coût de la dette africaine présenté comme un obstacle aux investissements sociaux

Nairobi, 28 août 2026 (ACP).- Le coût élevé du financement de la dette publique a été présenté comme un obstacle aux investissements sociaux, climatiques et au développement industriel en Afrique, lors de la 6ème Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD VI), clôturée vendredi à Nairobi, au Kenya.

« Le coût du financement crée un choix difficile entre le remboursement d’une dette coûteuse et l’investissement dans la santé, l’éducation ou encore la résilience face au changement climatique », a déclaré Dr Abraham Korir Sing’Oei, secrétaire principal au ministère des Affaires étrangères et de la Diaspora de la République du Kenya.

Au-delà de la contrainte budgétaire, l’intervenant a présenté le niveau et les conditions d’endettement comme un enjeu de souveraineté pour les pays africains. « Il ne s’agit donc pas uniquement d’une question financière. C’est aussi une question de souveraineté », a-t-il ajouté.

M. Korir Sing’Oei a relevé sur le volet climatique, le paradoxe entre les besoins importants de financement de la transition énergétique en Afrique et le coût particulièrement élevé des capitaux auxquels plusieurs pays du continent peuvent accéder. « Comment pouvons-nous construire une industrialisation verte en Afrique lorsque certains pays doivent emprunter à des taux pouvant atteindre 12 %, alors que l’Afrique dispose d’une grande partie des ressources solaires mondiales ? », s’est-il interrogé.

« L’argent dont nous avons besoin pour répondre à la crise climatique est précisément celui auquel nous avons le moins accès, et lorsqu’il est disponible, il est souvent beaucoup trop coûteux », a déploré le responsable kényan.

Face à ces contraintes, le Dr Korir Sing’Oei a plaidé pour une meilleure coordination des pays africains dans les négociations sur la dette, afin de renforcer leur capacité collective à défendre leurs intérêts.

« Nous ne devons pas avoir 54 négociateurs africains défendant séparément leurs intérêts. Nous devons coordonner nos positions et nos stratégies de négociation », a-t-il renchéri.

Dans cette perspective, le renforcement des capacités institutionnelles africaines a été présenté comme une condition essentielle pour rééquilibrer les rapports de force dans les négociations financières internationales.

Il a estimé qu’une réforme des conditions d’accès au financement constitue un préalable à la consolidation des politiques publiques et des économies africaines. « Si nous ne réglons pas les questions liées à notre manière d’emprunter et au prix auquel nous empruntons, nous ne pourrons pas construire des contrats sociaux solides ».

Face à l’alourdissement du poids de la dette publique, qui réduit les marges budgétaires des Etats africains et compromet le financement des secteurs sociaux, des infrastructures et de la transition climatique, les gouvernements africains appellent à une réforme en profondeur de l’architecture financière internationale.

C’est dans cette perspective que l’African Forum and Network on Debt and Development (AFRODAD) a organisé, du 26 au 28 août 2026 à Nairobi, la 6ème  Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD VI), placée sous le thème « la fragmentation à l’influence : vers la promotion de la position africaine commune sur la dette ».

La rencontre visait notamment à renforcer la coordination des pays africains dans les négociations sur la dette, à promouvoir des financements plus abordables et à faire de la position commune africaine sur l’humanisation de la dette un véritable instrument d’action et de négociation.

ACP/

Fil d'actualités

Sur le même sujet