Nairobi, 28 août 2026 (ACP).- Un appel à la décolonisation des mentalités en République démocratique du Congo (RDC), pour accompagner la valorisation des ressources nationales a été lancé par un paneliste, lors de la clôture de la 6ème Conférence africaine sur la dette et le développement (AfCoDD VI), vendredi à Nairobi, au Kenya.
« La République démocratique du Congo a tous les atouts nécessaires pour se hisser au premier rang de l’économie africaine, mais elle doit relever le défi de la décolonisation des mentalités », a déclaré Martin Tsounkeu, responsable de l’Ong Africa développement interchange network.
Il a relevé que l’autodétermination ne devrait toutefois pas être comprise comme une opposition systématique aux partenaires occidentaux, mais comme la capacité de la RDC à défendre ses intérêts dans un cadre de coopération et de négociation. « Nous avons besoin d’un peu plus d’autodétermination, qui ne s’obtient pas par la confrontation avec les intérêts occidentaux, mais par davantage de tact dans la gestion de nos ressources », a-t-il souligné.
Il a aussi insisté sur la nécessité pour les pays africains de mieux valoriser leur pouvoir de négociation, en s’appuyant sur leurs ressources et leurs atouts économiques. « Nous devons apprendre à imposer nos conditions aux partenaires extérieurs, non pas par la force, mais par notre capacité à convaincre que les ressources dont nous disposons nous appartiennent d’abord », a-t-il proposé.
Ce consultant en économie publique a souligné que la transformation des richesses naturelles en puissance économique nécessite également l’adhésion et l’accompagnement de la population congolaise, considérés comme des éléments essentiels de la souveraineté nationale. « Une partie des contraintes qui empêchent la RDC de transformer ses richesses en pouvoir économique sur la scène internationale est liée au manque d’accompagnement du peuple congolais », a relevé M. Tsounkeu.
Par ailleurs, il a, sur le plan régional, appelé les pays africains à privilégier la coopération plutôt que les divisions, estimant que les rivalités entre États contribuent à affaiblir la capacité collective du continent à défendre ses intérêts.
« Nous nous plaignons souvent de la domination occidentale, mais elle s’exerce aussi avec notre propre force, lorsque les Africains se dressent les uns contre les autres. Il serait davantage dans l’intérêt du Rwanda de coopérer avec la RDC : les deux pays y gagneraient, et, au final, c’est l’Afrique tout entière qui en sortirait gagnante », a suggéré l’expert.
La RDC, riche en ressources minières, forestières et énergétiques. En Afrique, le pays est à la fois perçu comme un pays disposant d’un potentiel majeur pour tirer la croissance du continent et comme un État fragilisé par les conflits dans son côté Est, les tensions régionales. Ces enjeux nourrissent le débat sur la nécessité pour les Congolais de renforcer leur maîtrise des ressources nationales, leur cohésion et leur capacité à défendre leurs intérêts dans les relations internationales.
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