Kinshasa, 06 Juillet 2024 (2024).- L’injonction de la Banque centrale du Congo aux institutions financières pour qu’elles paramètrent leurs terminaux de paiement électronique uniquement en francs congolais à partir du 31 juillet reste une mesure de souveraineté nationale qu’il faut faire respecter, selon un expert banquier lors d’un entretien avec l’ACP.
« Je pense que l’injonction de la Banque centrale du Congo, aux institutions financières pour qu’elles paramètrent leurs terminaux de paiement électronique uniquement en francs congolais à partir du 31 juillet, reste une mesure de souveraineté nationale qu’il faut faire respecter. Elle est bonne dans la mesure où elle incitera des consommateurs à prioriser le calcul des prix en monnaie locale », a dit M. Jean-Jacques Lumumba, expert banquier et Président du conseil d’administration de l’association Ma banque, Un droit.
Il a fait savoir, qu’il faut établir une différence entre les terminaux de paiement et les distributeurs automatiques de billets, cette décision du gouvernement congolais est de souveraineté nationale quant à l’affichage des prix ou des prestations sur les terminaux de paiement. C’est un petit pas vers la dédollarisation de l’économie congolaise.
« La vraie dédollarisation passera par la relance réelle de la production locale afin de donner de la valeur à la monnaie locale », a-t-il soutenu.
Cette diversification ne peut se faire qu’avec un bon climat des affaires qui encourage les privés à produire, transformer consommer localement et épargner et investir localement ainsi qu’engager localement pour donner de l’emploi aux jeunes, hommes et femmes, a-t-il ajouté.
Des mesures pour réguler le taux de change
Pour M. Jean- Jacques Lumumba, d’autres mesures doivent être prises immédiatement et dans la durée pour réguler le taux élevé de change telles que la relance de l’économie locale par la production suffisante des biens de première nécessité, le soutien aux agriculteurs locaux, la facilitation de la circulation des biens et services etc.
« Cette décision du gouvernement congolais, pas du tout ne peux réduire sensiblement la primauté de dollars face au franc congolais, car le marché de change étant tout d’abord un marché économique qui respecte la loi de l’offre et de la demande, ne peut influencer par une mesure qui n’impactera pas en réalité l’appréciation du franc congolais par rapport au dollar américain », a-t-il relevé.
Il a, par ailleurs, suggéré que la stabilité du taux de change et des prix passe premièrement par l’augmentation de la capacité de la RDC à produire les biens de première nécessité localement et ensuite par notre capacité d’exporter les biens et services produits localement qui nous emmènerons des capitaux et des devises étrangères.
« Si ces devises sont bien utilisées et si cette dynamique se poursuit, les effets immédiats dans l’économie seront naturellement la maîtresse et par conséquent la baisse du taux de change mais tout cela nécessite plusieurs mesures efficaces et les lois à faire respecter », a dit l’expert banquier. ACP/C.L.

