Kinshasa, 18 septembre 2026 (ACP). – La République démocratique du Congo (RDC) a prôné la régulation des jeux d’argent et de hasard, lors de la 17ème conférence annuelle du Gaming Regulators Africa Forum (GRAF 2026), organisée du 14 au 17 septembre à Maputo, au Mozambique, selon un communiqué parvenu vendredi à l’ACP.
« La RDC, représentée par Didier Bobwa Wese, responsable des systèmes d’information et du Central Monitoring System (CMS) à la Cellule de surveillance des jeux d’argent et de hasard (CSJA) du ministère des Finances, a présenté une approche de régulation fondée sur l’exploitation des données croisées des acteurs du secteur, afin d’analyser les comportements des joueurs et de promouvoir le jeu responsable », a-t-on lu dans le communiqué du ministère des Finances.
Selon ce document, M. Bobwa a expliqué que la RDC a mis en place un système centralisé de monitoring des flux de jeux et procède à l’intégration progressive des plateformes des opérateurs de jeux et de celles des prestataires de services de paiement.
« Ce dispositif doit permettre à la CSJA de recevoir automatiquement les informations d’identification des joueurs et celles relatives à leurs comportements, afin de détecter les pratiques de jeu problématiques », a indiqué la source.
La RDC a également préconisé une architecture reposant notamment sur le chiffrement des données lors de leur transmission et de leur stockage, une authentification renforcée, la limitation des droits d’accès selon le principe du moindre privilège ainsi que la traçabilité des opérations effectuées sur les plateformes.
« La CSJA a insisté sur une gouvernance spécifique de la cybersécurité, comprenant des tests réguliers, la surveillance des incidents, des sauvegardes, un plan de continuité des activités et une procédure de réponse aux cyberattaques », a fait savoir le document.
En matière de souveraineté numérique, la délégation congolaise a souligné l’importance d’héberger les données sensibles relatives aux joueurs congolais sur une infrastructure située sur le territoire national, sous le contrôle des institutions compétentes.
La CSJA a, par ailleurs, plaidé pour l’adoption progressive de standards communs d’interopérabilité entre les plateformes des régulateurs et celles des opérateurs. Cette harmonisation devrait faciliter la sécurisation des échanges, l’intégration des opérateurs présents dans plusieurs pays et la coopération face aux risques transfrontaliers.
« Les autorités africaines doivent maintenir des mécanismes permanents de concertation, partager leurs expériences et mettre les solutions éprouvées au service des juridictions dont les dispositifs de régulation sont encore en construction », a déclaré la délégation congolaise citée dans le document.
Au-delà des enjeux technologiques, les échanges ont mis en évidence la nécessité de faire du jeu responsable une réalité concrète plutôt qu’une simple obligation formelle.
Sous la conduite du ministre des Finances, Doudou Fwamba, la RDC poursuit la réforme de son secteur des jeux d’argent afin d’en renforcer la surveillance, d’améliorer la mobilisation des recettes publiques, de protéger les joueurs et de garantir un environnement plus transparent aux opérateurs.
La participation de la CSJA à cette rencontre traduit la volonté des autorités congolaises de renforcer la régulation du secteur et la coopération avec les autres juridictions africaines.
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