RDC : la politique budgétaire présentée comme instrument essentiel de stabilisation macroéconomique

Kinshasa, 18 septembre 2026 (ACP). –La politique budgétaire en République démocratique du Congo (RDC) a été présentée comme un instrument essentiel de l’action publique pour la stabilisation macroéconomique, à l’occasion de la soutenance publique, vendredi, d’une thèse de doctorat en sciences économiques à l’Université de Kinshasa (Unikin).

« La politique budgétaire constitue un instrument essentiel de l’action publique en RDC pour la stabilisation de la macroéconomie. Car, la politique budgétaire joue un rôle déterminant dans la stabilisation des cadres macroéconomiques, notamment à travers son influence sur la croissance économique, sur l’inflation, l’emploi et les équilibres financiers et extérieurs », a déclaré Prince Leta-Katumba, docteur en sciences économiques.

« Nous allons présenter l’essentiel de cette phase en quatre points, notamment : la problématique et l’hypothèse, la démarche méthodologique et les modèles retenus, les principaux résultats empiriques et, 4ème : enseignements, contributions et perspectives », a-t-il ajouté.

Selon lui, la politique budgétaire s’appuie principalement sur deux grands instruments, à savoir les dépenses publiques et les recettes publiques. Ces deux paramètres permettent d’agir sur les principaux équilibres macroéconomiques.

M. Prince Leta-Katumba a défini le cadre macroéconomique comme l’ensemble des quatre secteurs institutionnels qui composent l’économie d’un pays, à savoir les secteurs réel, public, financier et extérieur.

Il a précisé que les secteurs financiers sont également appelés secteurs monétaires, tandis que les secteurs extérieurs désignent le reste du monde.

« Vous allez comprendre que dans ces quatre secteurs institutionnels, lorsque l’on agit sur les dépenses publiques, il y aura l’incidence sur les déséquilibres ou l’équilibre sur les niveaux de prix, sur l’inflation, sur les taux d’échange, sur l’augmentation de l’emploi ou sur la diminution de l’emploi », a-t-il expliqué.

Il a relevé que la politique budgétaire n’est pas un fait du hasard et que son efficacité dépend notamment de la qualité des dépenses publiques, de la mobilisation des recettes, du niveau d’endettement, de la coordination avec la politique monétaire ainsi que de la qualité des institutions.

Pour opérationnaliser cette problématique, M. Prince Leta-Katumba a indiqué que plusieurs questions spécifiques ont été retenues, notamment celles relatives aux effets dynamiques des chocs de dépenses publiques et des chocs de recettes fiscales sur l’activité économique et les principaux indicateurs de stabilité macroéconomique en RDC.

Il s’est également interrogé sur la différence d’ampleur entre les effets des chocs de recettes fiscales et ceux des chocs de dépenses publiques.

« Une augmentation des dépenses publiques accompagnée d’une augmentation équivalente des recettes fiscales produit-elle un effet net positif sur l’activité économique en RDC conformément au théorème de l’équilibre budgétaire avancé par Avelmont ? Quel facteur structurel, institutionnel et budgétaire limite l’efficacité stabilisatrice de la politique budgétaire en RDC ? », s’est-il interrogé.

« De cette problématique découle l’hypothèse principale selon laquelle les instruments de la politique budgétaire, en particulier, les dépenses publiques, comme nous l’avons démontré, et les recettes fiscales exercent des effets significatifs et différenciés sur l’activité économique et sur les principaux indicateurs de stabilité interne et externe en RDC », a-t-il laissé entendre.

Selon lui, l’ampleur et la persistance de ces effets varient selon la nature des chocs et l’horizon temporel considéré. À partir de l’hypothèse principale, quatre hypothèses spécifiques ont également été formulées dans le cadre de cette recherche.

Par ailleurs, le professeur Mabi Mulumba, président du jury, a fait savoir qu’après délibération à huis clos, le jury avait décidé d’accorder à M. Prince Leta-Katumba le grade de docteur en sciences économiques, avec la mention la plus grande distinction.

Cette soutenance a porté sur la thématique « Politique budgétaire et stabilisation du cadre macroéconomique en RDC ». Le jury était composé du président, du secrétaire, du promoteur, du co-promoteur et des membres.

ACP/KUN

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