Kinshasa, 28 décembre 2025 (ACP).-Un montant de 58 millions USD au titre d’indemnisation d’un organisme public aux sinistrés de la République démocratique du Congo a été déboursé, en 2024, contre 2 millions USD en 2018 selon les rapports de la 2023-2024 sur l’état du marché des assurances présenté samedi par l’Autorité de régulation.
« En 2018, nous avions 2 millions de dollars américains qui étaient payés en termes d’indemnisation aux sinistrés, mais en 2024, sur les 377 millions de dollars de primes et de contrats qui ont été signés, nous avons 58 millions de dollars qui ont été payés aux sinistrés. Ceci témoigne que les indemnisations sont effectives », a déclaré Alain Kaninda Ngalula, directeur général de l’Autorité de régulation et de contrôle des assurances (ARCA).
A travers cet indicateur, a-t-il dit, il y a une nette progression en termes de confiance auprès des assureurs car, soutient-il, la mission de l’organisme est de veiller sur leur protection.
Alain Kaninda a fait savoir que cette progression se justifie aussi dans les placements de fonds par les assureurs au trésor public, contribuant ainsi à l’économie du pays.
« Aujourd’hui, les assureurs, avec les primes qu’elles collectent, font des placements au niveau des bons de trésor. En 2024, près de 80 millions de dollars sont placés dans les banques pour financer l’économie. Actuellement au niveau des assurances, nous voyons que les activités contribuent également au budget de l’État à travers la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les impôts sur le revenu », a-t-il soutenu.
Le directeur général de l’ARCA a, par ailleurs, noté la solvabilité des opérateurs d’assurance durant les périodes sus-évoquées, indiquant que depuis 2019, avec la libéralisation du secteur, une progression au niveau des fonds propres et de la marge de solvabilité des opérateurs d’assurance a été observée.
Cette progression était de l’ordre de 5% en 2022, 6% en 2023 et a bondi en 2024 à plus de 20%.
D’après lui, les engagements que les sociétés d’assurance prennent sont largement couverts par leurs fonds propres. Cela traduit un certain confort au niveau de la solidité financière des sociétés d’assurance, mais également de leur solvabilité et de leur capacité à faire face aux risques.
« Nous pouvons donc affirmer que les opérateurs d’assurance qui sont sur notre marché sont solvables. Et que ce niveau de solvabilité est en train de croître au fur et à mesure que les années évoluent. La plupart de ces sociétés qui sont aujourd’hui passées dans une phase de rentabilité, ont cette capacité de renforcer leurs fonds propres avec les bénéfices que les sociétés génèrent », a-t-il reconnu, avant d’assurer que ces sociétés en 2026 passeront dans une phase de rentabilité positive.
S’agissant de la contribution fiscale des opérateurs d’assurance, le responsable de l’ARCA a relevé une nette progression au point qu’en 2019, la contribution fiscale avoisinait à 9 millions de dollars américains tandis qu’en 2024, elle a atteint 58 millions de dollars.
600 millions de dollars envisagés pour l’exercice 2026
Photo de famille
Évoquant les perspectives pour le développement du marché d’assurance en RDC, le directeur général Kaninda ambitionne d’accélérer le développement de du marché d’assurance de manière à atteindre 600 millions de dollars américains pour l’exercice 2026 et à l’horizon 2030, de franchir le cap de plus d’un milliard de dollars américains.
Pour atteindre cet objectif majeur, l’ARCA a décliné quelques axes considérés comme piliers importants pour la stratégie de développement.
Celle-ci repose sur cinq facteurs, à savoir: la sensibilisation et la vulgarisation. Il s’agit de réaliser un travail de fond en faisant connaître les assurances, vulgariser le code des assurances, faire connaître également l’importance que les assurances peuvent apporter dans beaucoup d’actions de communication, de renforcement de capacité.
Ce pilier permet de pousser le marché à se développer et surtout à faire disparaître la méfiance que d’aucuns pourraient avoir au niveau des assurances; la digitalisation et le développement des canaux innovants; les aspects de contrôle.
Il s’agit d’assurer le contrôle permanent et la poursuite de ce qu’a initié en tant que régulateur pour le contrôle des opérateurs d’assurance; le contrôle des assurances obligatoires et la lutte contre l’évasion des primes d’assurances; l’assurance-vie, l’assurance inclusive (les assurances individuelles) qui permettra à mettre à la disposition du marché des produits d’assurance adaptés.
ACP/C.L.

