Kinshasa, 9 juillet 2026 (ACP).- Les recettes publiques de la République démocratique du Congo (RDC) mobilisées en juin 2026 ont été chiffrées à 2.128,0 milliards de francs (CDF), soit environ 946,4 millions de dollars américains au taux de 2248,53 CDF pour un dollar, contre une prévision de 2.134,6 milliards CDF, soit un taux de réalisation de 99,7 %, selon la note de conjoncture économique de la Banque centrale du Congo (BCC) consultée jeudi par l’ACP. « Au cours de la période sous analyse (…), les régies financières ont mobilisé 2.128,0 milliards de CDF contre une programmation mensuelle de 2.134,6 milliards, traduisant ainsi un taux de réalisation de 99,7 % », a-t-on lu.
Selon la source, la situation des opérations financières de l’État fait état d’un niveau de mobilisation proche des assignations retenues dans le plan de trésorerie de l’Etat. Au premier semestre 2026, les régies financières ont réalisé les assignations de recettes contenues dans le Plan de trésorerie de l’Etat.
Cette performance budgétaire s’inscrit d’ailleurs dans une dynamique haussière par rapport à l’exercice précédent. En comparant les budgets du point de vue des recettes réalisées jusqu’à cette période de l’année, le premier semestre 2026 affiche une trajectoire plus robuste et en phase avec les assignations du plan de trésorerie, là où le premier semestre 2025 avait clôturé avec des recettes intérieures à 19.833,5 milliards de CDF, représentant un taux de réalisation de 78,3 % par rapport aux projections linéaires de l’époque.
La source a précisé que cette performance de juin 2026 s’est toutefois inscrite dans un contexte d’expansion des dépenses, lesquelles ont amené le Gouvernement à recourir à d’autres moyens de financement.
Par ailleurs, sur le plan de la politique monétaire, cette mobilisation s’opère dans un environnement plus souple qu’une année auparavant. En juin 2026, le taux directeur de la BCC s’établit à 15,0 %, traduisant une détente significative comparativement à juin 2025, où il culminait encore à 25,0 % pour juguler les pressions inflationnistes.
La ventilation des recettes par régies affiche une surperformance de la Direction générale des douanes et accises (DGDA) et de la Direction générale des recettes administratives, judiciaires, domaniales et de participations (DGRAD).
Cette analyse révèle que la Direction générale des impôts (DGI) a collecté 854,9 milliards de CDF contre une prévision mensuelle de 1.042,7 milliards au titre des impôts directs et indirects, soit 82% de taux de réalisation ; et les recettes douanières et d’accises, mobilisées par la DGDA ont été évaluées à 723,0 milliards de CDF pour 613,9 milliards attendus, réalisant 118%. La DGRAD a, quant à elle, engrangé 550,1 milliards de CDF de recettes parafiscales, contre 478,1 milliards programmés, soit un taux de réalisation de 115%.
Evolution des dépenses publiques
La note a, par ailleurs, indiqué que la gestion de la trésorerie de l’Etat, reste dominée par l’accélération des dépenses, attestée notamment par le dépassement de l’enveloppe dédiée à la rémunération des agents et fonctionnaires de l’Etat, au cours du mois sous revue.
« Au cours de la même période, les dépenses publiques ont atteint 3.249,0 milliards de CDF, dépassant ainsi la prévision mensuelle arrêtée à 2.636,4 milliards, soit un taux d’exécution de 123,2 % », a révélé le document.
La source a précisé également que les décaissements du mois de juin 2026 ont principalement porté sur les salaires des agents et fonctionnaires de l’Etat, pour un montant de 1.260,9 milliards de CDF, et les frais financiers à hauteur de 92,5 milliards de CDF.
L’exercice budgétaire 2026 de la RDC s’inscrit dans une phase de stabilisation macroéconomique progressive. En juin 2025, face à une surchauffe inflationniste et aux pressions sur le franc congolais (CDF), la Banque centrale du Congo (BCC) avait durci sa politique monétaire en maintenant son taux directeur au niveau élevé de 25,0%.
Une année plus tard, en juin 2026, l’atténuation de ces chocs a permis à l’autorité monétaire de ramener ce taux à 15,0%, desserrant ainsi l’étau sur le crédit pour soutenir la croissance.
Sur le plan des Finances publiques, le premier semestre 2026 témoigne d’une nette amélioration de la gouvernance financière par rapport au premier semestre 2025. Alors que l’année précédente avait été marquée par des moins-values (78,3 % de taux de réalisation à mi-parcours), l’année 2026 affiche un respect rigoureux du plan de trésorerie de l’État en matière de recettes, bien que le rythme d’exécution des dépenses (notamment la masse salariale) reste un défi majeur pour l’équilibre budgétaire.
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