RDC: des actions de la FAO expliquées à la Conférence des gouverneurs

Kinshasa, 29 mars 2026 (ACP).- Des actions menées par la FAO en République démocratique du Congo ont été expliquées par des experts intervenant en panels lors de la Conférence des gouverneurs organisée du 24 au 28 mars au Kwilu, sud-ouest du pays, selon un communiqué consulté dimanche par l’ACP.

« La FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture) a participé activement à la Conférence des gouverneurs organisée au Kwilu du 24 au 28 mars avec d’autres invités. Ses experts sont intervenus dans divers panels où ils ont expliqué à travers les différents thèmes, les actions ou réalisations menées par l’Organisation en RDC », a-t-on lu.

Les écueils des intervenants

Selon le communiqué les interventions des experts de la FAO ont porté sur différents thèmes : « Améliorer les infrastructures et encourager les chaînes de valeurs porteuses » par l’assistant du représentant en charge de Programme, Henri-Paul Eloma.

Il a, à cet effet, expliqué  la mission de la FAO laquelle consiste à éradiquer la faim, renforcer la sécurité alimentaire et favoriser une nutrition équilibrée et ses carences.

Il a rappelé les cinq objectifs stratégiques de la FAO, à savoir; contribuer à éradiquer la faim, l’insécurité alimentaire et la malnutrition ; rendre l’agriculture, la foresterie et la pêche plus productives et plus durables ; réduire la pauvreté rurale ; œuvrer à des systèmes agricoles et alimentaires inclusifs et efficaces ; améliorer la résilience des moyens d’existence face à des menaces ou en situation de crise.

Le chargé de programme a précisé qu’en RDC les actions ou réalisations de la FAO passent par le cadre de coopération signé avec le gouvernement appelé « Cadre de Programmation-Pays (CPP).

Il a indiqué que celui de la phase 2025-2029 est en préparation d’être signé. Il s’articule autour de quatre priorités programmatiques intégrées, qui traduisent l’avantage comparatif de la FAO ainsi que la valeur ajoutée de son appui aux priorités nationales et au cadre de coopération pour le développement durable (CCDD) : gouvernance et capacités institutionnelles des systèmes agroalimentaires; développement des chaînes de valeur et diversification économique; environnement, climat et résilience des systèmes agroalimentaires; sécurité alimentaire, nutrition et résilience des populations vulnérables.

 Le domaine de la gouvernance

Pour M. Eloma, l’intervention a porté sur : « les principales réalisations de la FAO dans le domaine de la gouvernance, du développement des filières agricoles, animales et halieutiques, ainsi que dans la lutte contre les changements climatiques et la gestion durable des ressources naturelles.

Il a, dans ce cadre,  évoqué les perspectives d’accompagnement de la FAO au travers l’initiative Main dans la Main du Directeur général, QU Dongyu et le recensement général de l’agriculture dont la première phase qui sera combinée au Recensement général de la population et de l’habitat (RDPH2)

Le secteur de l’environnement

 M. Serge Sabi, coordonnateur du sous-programme environnement, changement climatique a porté sur le thème : « Gestion des défis environnementaux”, a abordé la thématique sur la faune sauvage. 

Il a précisé que la FAO travaille avec le ministère de l’Environnement pour élaborer un document de la Politique nationale de gestion durable de la faune sauvage. 

Cette question, a-t-il affirmé, n’attire pas l’attention des décideurs, et pourtant au cours du processus d’élaboration du document dans différentes provinces, il a été démontré que la RDC est en train de perdre de manière inexorable la plupart de ses espèces. Et ce, à cause d’une chasse non encadrée, une chasse désordonnée échappant au contrôle de l’Etat. 

Pour l’expert de la FAO, la faune sauvage ou la viande de brousse, constitue dans plusieurs de nos communautés l’apport essentiel des protéines animales. 

A cette allure d’exploitation, Serge Sabi a tiré la sonnette d’alarme sur les risques de voir pour le pays certaines espèces de faune sauvage disparaitre. 

Il a précisé que le document de la Politique nationale de la faune sauvage (PNFS) ayant été finalisé, sera bientôt soumis au ministère avant l’organisation d’un atelier national de validation dudit document. 

La gestion durable des tourbières

M. Sabi a  évoqué une autre initiative que la FAO mis actuellement en œuvre pour mieux gérer notre écosystème et nos ressources naturelles.  Il s’agit d’un projet sur « la gestion des tourbières dans la province de l’Equateur ». 

L’action de la FAO vise à ramener toutes les populations qui vivent autour de ces tourbières de mieux les gérer d’autant plus qu’elles sont des Réservoirs naturels majeurs de carbone. 

Pour M. Sabi, les tourbières ont un intérêt stratégique pour le développement durable. Ainsi, leur protection soutient les objectifs nationaux liés à l’environnement, au climat et aux moyens de subsistance locaux, notamment en RDC. 

C’est ce qui justifie l’intérêt qu’accorde la FAO à accompagner la RDC dans la gestion durable des tourbières tout en invitant toutes les parties prenantes à veiller durablement sur cette ressource naturelle.

Intensification et diversification de l’élevage

Dr Gaston Amzati, coordonnateur du projet Pandemic Fund (FAO) qui intervenait le thème: Intensifier et diversifier les élevages s’est étendu sur le sous-thème : maladies animales en parlant de la « contribution de la FAO au renforcement des capacités de préparation et de réponse aux épidémies/pandémies selon l’approche « One Health » en RDC.

Dr Gaston Amzati a  présenté les actions menées par la FAO pour renforcer le système de santé animale en RDC. Il a indiqué que depuis près d’une décennie, l’organisation appuie le pays dans la prévention, la détection précoce et la gestion des maladies animales, y compris les zoonoses, en promouvant l’approche intégrée « Une Santé ». 

Il a noté que depuis 2016, plusieurs avancées majeures ont été réalisées, entre autres: la formation de vétérinaires épidémiologistes de terrain via le programme ISAVET, couvrant 26 provinces ; le déploiement du système électronique EMAI-i+/EMPRESS+ pour la surveillance des maladies animales, avec plus de 300 agents formés et une extension à la faune sauvage ;

Institutionnalisation de la plateforme « Une Santé » avec 16 comités provinciaux; Soutien à trois laboratoires vétérinaires (Kinshasa, Lubumbashi, Goma).

Le Dr Amzati a aussi relevé des défis persistants, notamment la faible couverture territoriale des vétérinaires. Les perspectives incluent la mise en place des mini-laboratoires dans les provinces et la constitution d’un réseau national d’épidémiologistes vétérinaires bien formés au niveau opérationnel.

ACP/C.L.

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