Kinshasa, 27 septembre 2025 (ACP).- La dédollarisation progressive de l’économie de la République démocratique du Congo pour assurer la stabilité de la monnaie nationale a été préconisée, samedi, à Kinshasa, par un économiste, en vue de renforcer la souveraineté monétaire par rapport aux devises étrangères dans toutes les transactions, lors d’un entretien avec l’ACP.
« Pour stabiliser le franc congolais, nous préconisons une dédollarisation progressive de l’économie congolaise, la diversification, mais surtout soutenir notre politique monétaire par une économie productive afin de substituer les importations des biens de première nécessité par une production intérieure. Ce qui permettra à la Banque centrale du Congo d’augmenter ses réserves de change et d’atteindre son objectif principal qui est celui de la stabilité du niveau général des prix qui mesure également le bien être de la population », a déclaré Daniel Muamba, chercheur en économie à l’université de Kinshasa.
Selon lui, la Banque centrale du Congo est intervenue sur le marché de change, en date de 18 août 2025, procédant à la vente de 50 millions USD au taux de change de 2 776 CDF contre 1 USD aux banques commerciales dans le but de stabiliser la monnaie nationale. Cette opération a permis à la BCC d’éponger une grande quantité de la masse monétaire en circulation avec comme résultat à court terme l’appréciation du Franc congolais face au dollar.
M. Muamba a fait savoir que la politique de change appliquée en RDC se base sur le régime de change flottant administré. Ce régime assure une volatilité du taux de change. Toutefois, l’autorité monétaire intervient sur le marché pour conforter le niveau des réserves de change et assurer la stabilité du marché monétaire.
« L’appréciation du franc congolais par rapport au dollar américain est un résultat de court terme suite à l’intervention de la Banque centrale, mais elle n’a aucune incidence sur les marchés des biens et services à cause de la rigidité des prix. Notre économie reste tournée vers l’extérieur et les importateurs dans bien des cas ne reçoivent pas des subventions. Notons que dans notre pays l’inflation n’est pas seulement d’origine monétaire, mais il est également importé », a précisé l’économiste.
Les agents économiques, a-t-il poursuivi, forment des anticipations rationnelles en utilisation de la meilleure information possible, ce qui les pousse à ne pas réduire les prix des biens et services pour ne pas tomber dans l’illusion monétaire.
Pour que cette appréciation ait une incidence sur les prix des biens et services, le taux actuel devrait rester stable à moyen et long termes, ce qui demande un contrôle permanent de la liquidité bancaire. ACP/UKB

