RDC : la direction générale d’une entreprise publique dénonce un mouvement illégal de grève 

Kinshasa, 24 juin 2026 (ACP).- La direction générale de la Société congolaise des postes et télécommunications (SCPT SA) a dénoncé un mouvement de grèveillégal et prématuré mené par lessyndicats, lors d’un échange,mercredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).

« Nous dénonçons cette grève parce qu’elle est illégale, prématurée et inopportune. Les mécanismes de règlement des différends prévus dans le protocole d’accord n’ont pas été respectés par nos partenaires sociaux avant le déclenchement du mouvement », a déclaré Maurice Mufusi, directeur de cabinet du directeur général de la SCPT SA.

Selon lui, le différend remonte à juillet 2025, lorsque les organisations syndicales avaient saisi l’employeur pour un conflit collectif de travail ayant conduit à une procédure de conciliation sous la médiation de l’Inspection générale du travail.

Il a expliqué qu’au cours de cette période, plusieurs rencontres de dialogue ont été organisées entre les représentants des travailleurs et l’employeur, notamment lors de la session économique annuelle consacrée à l’examen de la situation financière, administrative et immobilière de l’entreprise.

« Nous avons renoué avec le dialogue de manière officielle et nous avons partagé avec nos partenaires syndicaux toutes les informations relatives à la situation de l’entreprise », a-t-il indiqué 

M. Mufusi a rappelé qu’un protocole d’accord avait été signé en février 2026 sous les auspices de l’Inspection générale du travail et en présence du ministre des Postes, Télécommunications et Numérique, définissant les engagements respectifs des parties.

Parmi ces engagements figurait la poursuite des efforts visant à assurer le paiement des salaires dans un délai maximal de 45 jours, compte tenu des difficultés financières auxquelles fait face l’entreprise.

« Depuis la signature du protocole d’accord jusqu’au 12 juin, nous avons respecté nos engagements. Trois mois de salaire ont été payés dans l’intervalle convenu de quarante-cinq jours », a-t-il dit.

Le directeur de cabinet du DG a regretté que les partenaires sociaux aient maintenu leur préavis de grève alors qu’une session semestrielle de concertation était en préparation pour examiner les revendications soulevées.

« Quelques heures avant la tenue de la session semestrielle, ils ont maintenu leur position et ont finalement déclenché la grève le 22 juin, malgré les démarches entreprises pour poursuivre le dialogue », a-t-il laisse entendre. 

Évoquant les conséquences de cette situation, il a estimé que la grève risque d’aggraver davantage les difficultés que traverse déjà la SCPT.

« La SCPT connaît des problèmes sérieux qui sont connus des autorités à différents niveaux. Ce mouvement risque de décourager les partenaires susceptibles d’accompagner les efforts de redressement de l’entreprise », a déploré M. Mufusi.

Il a en outre profite de l’occasion pour lancé un appel aux organisations syndicales afin qu’elles privilégient la voie du dialogue social pour parvenir à une solution durable.

« Nous restons disposés à dialoguer. Si les partenaires sociaux estiment que les explications fournies par l’employeur ne sont pas satisfaisantes, ils pourront tirer toutes les conséquences après épuisement des procédures prévues par la réglementation », a-t-il conclu.

La SCPT SA, est une entreprise publique placée sous la tutelle de l’État congolais ; elle fait face depuis plusieurs années à d’importantes difficultés financières et opérationnelles ayant un impact sur son fonctionnement et sur les conditions sociales de son personnel. ACP/ SA (SP)

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