RDC: la forte baisse de l’inflation en 2025 attribuée  à l’appréciation du franc congolais (Banque mondiale)

Kinshasa, 25 mars 2026 (ACP).-L’appréciation du franc congolais et la baisse des produits de première nécessité ont entraîné une forte baisse de l’inflation en RD. Congo en 2025, passant de 11,7% en décembre 2024 à 7,8 % en septembre 2025, selon le rapport de la Banque mondiale consulté mercredi par l’ACP.

« L’inflation est passée, bien en deçà de l’objectif à moyen terme, de 11,7% en décembre 2024 à 7,8 % en septembre 2025. Cette baisse reflète l’appréciation du franc congolais par rapport au dollar américain due à des effets de transmission, à une politique monétaire restrictive soutenue et à la baisse des prix mondiaux des denrées alimentaires et du pétrole », a-t-on lu dans le rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la République démocratique du Congo pour l’exercice 2025.

Selon ce rapport, l’inflation des produits alimentaires a ralenti de 10,7% à la fin de 2024 pour atteindre 2,0% en décembre 2025, alimentant environ 70% de la tendance générale de l’inflation.

Avec le renforcement de la monnaie, le gouvernement a réduit les prix du carburant à la pompe dans la zone Ouest et à Kinshasa de 10% en octobre et de 9% en novembre 2025 afin de réduire les coûts de transport et de production.


Il a révélé également que  la BCC a acquis la latitude nécessaire pour assouplir sa politique monétaire en maintenant inchangé son taux directeur à 25,0 % depuis août 2023 jusqu’en octobre 2025 afin d’ancrer les anticipations inflationnistes pendant une période d’incertitude.

« Avec le ralentissement de l’inflation, la Banque centrale a abaissé son taux directeur d’abord de 750 points de base à 17,5% en octobre 2025, puis de 250 points de base à 15% en le janvier 2026 afin d’encourager le crédit et l’investissement », a soutenu le rapport.

La politique monétaire restée restrictive et le taux directeur réel encore élevé

Les billets de francs congolais

Par ailleurs, la politique monétaire est restée restrictive, et le taux directeur réel était encore élevé (15,2% à la fin de année 2025. La BCC a également émis ses propres obligations en francs congolais (CDF) (bon BCC), lesquels ont absorbé environ 1 102,3 milliards de CDF (soit 2,4% de la masse monétaire au sens large) jusqu’au 31 décembre 2025.

À la fin décembre, la base monétaire a augmenté de 7,8 % en glissement annuel, tandis que la masse monétaire au sens large s’est contractée de 12,5 %, resserrant les conditions de liquidité, même si les prêts aux entreprises privées et aux ménages ont augmenté. Toutefois, l’économie étant fortement dollarisée, la transmission de la politique monétaire à la croissance de la demande intérieure est restée limitée.

Le taux de change s’est raffermi à mesure que la politique monétaire a absorbé l’excès de liquidités.

Après avoir oscillé autour de 2 850 CDF/USD pendant environ 18 mois, le CDF s’est apprécié de 30,4 % en glissement annuel en décembre 2025, inversant ainsi de 6,2% de dépréciation enregistrée fin 2024.

La prime du marché parallèle était marginale, s’établissant en moyenne à 0,4 % jusqu’à la fin août, avant d’osciller dans une fourchette de -6 à 6% au dernier trimestre 2025 en raison des pressions spéculatives. Dans l’économie dollarisée de la RDC, exposée aux fluctuations mondiales des prix des matières premières, la politique de change joue un rôle central dans la dynamique inflationniste.

L’appréciation de la monnaie reflétait un resserrement de la liquidité en CDF, résultant d’une offre accrue de dollars due à la hausse des exportations et des entrées de capitaux étrangers, combiné à des mesures visant le renforcement du cadre des réserves obligatoires et des réformes de dédollarisation. Les interventions de la BCC, de près de 500 millions de dollars américains, ont amélioré le fonctionnement du marché des changes et soutenu la monnaie.

Il sied de rappeler que le rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la RDC a été présenté et réceptionné mardi à travers le vice-Premier ministre en charge de l’Economie nationale.

ACP/UKB

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