RDC : la protection des lanceurs d’alerte au centre des échanges à Kinshasa

Kinshasa, 04 novembre 2026 (ACP).- Deux propositions de loi relatives au statut et à la protection des lanceurs d’alerte en République démocratique du Congo (RDC) ont été au centre des échanges, mercredi à Kinshasa, entre les organisations de la société civile et les parlementaires, lors de la deuxième édition du hackathon législatif du projet Talatala 3.0, organisé par Ebuteli, Institut congolais de recherche sur la politique, la gouvernance et la violence.

« J’ai été invité par Ebuteli dans le cadre de la deuxième hackathon législatif du projet Talatala 3.0 pour essayer d’échanger avec les participants au sujet des deux propositions de loi portant, l’une sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte en République démocratique du Congo et l’autre sur la protection des lanceurs d’alerte en RDC, de l’honorable Prosper Tunda », a déclaré André Mushongo, député national.

Il a fait savoir que sa proposition, déposée à l’Assemblée nationale, vise à briser le silence, à encourager la dénonciation des pratiques illicites et à garantir la protection des lanceurs d’alerte, dans le cadre de la lutte contre la corruption.

« Notre proposition de loi vise à briser le silence, à dénoncer lorsqu’il faut dénoncer, lorsque vous avez deux éléments probants qui prouvent que telle personne est tentée de s’enrichir illicitement et il y a des abus, il y a des pratiques de corruption. Et donc, je pense que c’est une occasion aujourd’hui pour que la RDC puisse arrêter l’hémorragie avec cette corruption qui prend presque plusieurs formes », a-t-il expliqué.

L’élu a indiqué que cette initiative entend donner à tous les Congolais la possibilité de dénoncer les actes répréhensibles, y compris au sein de l’administration publique, tout en leur garantissant un statut particulier, la protection de l’État et des récompenses financières.

« Aujourd’hui, à travers cette proposition de loi, il y aura un fonds alloué à tous ces abus pour que, d’une part, on puisse poser des actions à caractère social ou sain, de l’idée où les faits ont été commis, mais en même temps, le lanceur d’alerte, c’est lui qui a dénoncé, a droit à un soutien, à un financement du gouvernement congolais », a fait savoir M. Mushongo.

De son côté, Jimmy Kande, directeur exécutif de la Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique (PPLAAF), a présenté l’importance de ces deux initiatives parlementaires, estimant nécessaire d’examiner leurs dispositions respectives en vue de parvenir à un texte consensuel et plus abouti.

« L’idée, c’est aujourd’hui de pouvoir voir entre les deux lois quelle est la meilleure ou quelles sont les dispositions qui peuvent être complétées entre les deux et voir l’ouverture des deux parlementaires à la question de pouvoir mettre ensemble pour avoir une loi beaucoup plus mûrie », a-t-il souligné.

Selon lui, l’essentiel n’est pas de promouvoir la proposition d’un député au détriment de celle de l’autre, mais de doter la RDC d’un cadre juridique garantissant une protection effective des lanceurs d’alerte. Il a notamment insisté sur la nécessité de clarifier leur définition, les canaux de signalement, les mécanismes de protection, les sanctions applicables ainsi que l’organe chargé de gérer cette question.

M. Kande a, par ailleurs, défini le lanceur d’alerte comme toute personne travaillant dans le secteur public ou privé qui, témoin d’activités illégales ou illicites portant atteinte à l’intérêt général, décide de les dénoncer afin de provoquer un changement.

« C’est toute personne qui travaille dans le secteur public ou privé, qui est témoin des activités illégales, illicites, qui touchent à l’intérêt général, qu’il décide de dénoncer, qu’il décide de révéler dans le but de pouvoir provoquer un changement. Donc on se retrouve là, dans la plupart des cas, dans un cadre professionnel. Et la nature de ce qu’il pourra révéler va être d’ordre des crimes économiques et financiers, d’ordre de l’environnement, d’ordre de santé publique ou d’atteinte aux droits humains », a-t-il précisé.

Cette rencontre avait pour objectif de contribuer à l’amélioration du cadre législatif relatif à la protection des lanceurs d’alerte en RDC, à partir des initiatives parlementaires en discussion et des préoccupations exprimées par les acteurs concernés.

Pour rappel, deux propositions de loi portant sur la protection des lanceurs d’alerte ont été déposées le 5 juin dernier à l’Assemblée nationale par les députés nationaux André Mushongo et Prosper Tunda, tandis qu’un projet de loi anticorruption est également en discussion. ACP/Kunt

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