RDC: la valorisation des matériaux locaux recommandée pour construire des infrastructures résilientes

Kinshasa, 17 mars 2026 (ACP).- La valorisation des matériaux locaux pour la construction des infrastructures résilientes et durables en République démocratique du Congo (RDC) a été recommandée par un ingénieur de l’Institut national du bâtiment et travaux publics (INBTP), doctorant à l’Université de Mons en Belgique, selon un document consulté mardi par l’ACP.

«Le développement des infrastructures routières en République démocratique du Congo est freiné par la faible portance des sols tropicaux, la forte pluviométrie et les coûts élevés des matériaux importés, d’où la nécessité de valoriser les matériaux locaux pour la construction des infrastructures résilientes et durables en RDC», a dit Dieudonné Ekasoni, ingénieur de l’INBTP et doctorant à l’Université de Mons, cité dans le document de cet établissement public d’enseignement supérieur et universitaire.

Dans sa recherche scientifique intitulée «Stabilisation des sols routiers et valorisation des matériaux locaux pour des infrastructures résilientes et durables en République démocratique du Congo», l’ingénieur a exploré des solutions de stabilisation des sols fondées sur la valorisation des matériaux locaux et alternatifs afin d’améliorer la durabilité et la résilience des routes.

Cette communication qu’il avait également présentée lors de la conférence scientifique organisée le 14 mars dernier à Kinshasa à l’INBTP et l’Institut supérieur d’architecture et d’urbanisme (ISAU) sur le thème principal :«Matériaux, infrastructures et mobilités: repenser les territoires et villes en contexte congolais», met en avant des innovations techniques adaptées aux réalités congolaises, notamment l’utilisation de bio-liants issus de ressources locales (mélasse de canne à sucre, biomasse, dérivés de noix de palmistes, lignites), ainsi que la valorisation de résidus industriels (cendres volantes, scories, boues traitées) et de déchets plastiques recyclés. 

Ces matériaux alternatifs selon lui, sont analysés en termes de performances géotechniques: l’amélioration de la portance, réduction de la plasticité, résistance à l’eau, d’impact environnemental : la réduction des émissions de CO₂, économie circulaire et de viabilité socio-économique: réduction des coûts, création de chaînes de valeur locales.

«Les résultats expérimentaux montrent que la combinaison de stabilisation mécanique, chimique et biochimique améliorent significativement la portance et la durabilité des sols en latéritiques et en argile dominantes en RDC. Ces solutions permettent de réduire les coûts de construction, de valoriser des ressources locales et de limiter l’empreinte environnementale des projets routiers», a expliqué l’ingénieur Ekasoni.

Selon le chercheur, cette approche offre un cadre pour le développement d’infrastructures routières durables, économiquement viables et adaptées aux contraintes climatiques et territoriales des pays tropicaux en développement.

La construction durable et les ressources locales évoquées

Par sa part, l’ingénieur de l’INBTP Merlin Kiabumbu, doctorant à l’Université de Mons a présenté une étude intitulée : « Construction durable et ressources locales: quels leviers pour les territoires marginalisés ?»

Il a indiqué que de nombreux territoires marginalisés, notamment en RDC, les pratiques de construction sont fortement influencées par l’enclavement territorial, l’accès limité aux matériaux industriels et l’exposition récurrente aux catastrophes naturelles, telles que les inondations.

«Dans ces contextes, les communautés s’appuient largement sur des ressources locales, en particulier des matériaux géo sources et bio sources», a-t-il dit.

L’ingénieur a analysé dans cette recherche le potentiel de ces ressources dans les stratégies de construction durable et de résilience territoriale, en mettant en évidence leur rôle dans les dynamiques de reconstruction locale, tout en soulignant les défis liés à leur durabilité technique, à l’absence de normes adaptées et à leur faible reconnaissance institutionnelle. 

L’étude plaide ainsi pour un renforcement de la recherche, de la normalisation et de la formation afin de mieux intégrer les matériaux locaux dans les politiques de développement territorial.

Cette conférence présidée par le directeur général de l’INBTP Cédrick Tshibangu avait visé de favoriser les échanges interdisciplinaires sur les enjeux contemporains du développement territorial de la mobilité, des infrastructures et de la construction durable en RDC.

ACP/ODM

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