Kinshasa, 4 mars 2026 (ACP).-L’articulation de la politique de stabilisation macroéconomique pour structurer l’économie africaine a été évoquée, mardi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, lors d’un colloque international organisé par l’Université catholique du Congo (UCC), en partenariat avec la faculté de l’Economie et développement (FED), selon un communiqué consulté mercredi par l’ACP.
« Il m’a été demandé d’évoquer comment articuler la politique de stabilisation macroéconomique pour structurer l’économie africaine. Ce thème qui est à la fois académique, mais aussi factuel et empirique, nous engage nous, les dirigeants de l’État et aussi notre responsabilité générationnelle. Lorsqu’on parle de la croissance future, cela signifie qu’il faut assurer la croissance future pour les générations futures. Cependant, la génération présente organise le changement structurel», a déclaré Daniel Mukoko, ministre de l’Economie nationale, cité dans le communiqué.
Selon lui, les économies sont mieux tenues, s’il y a équilibres macroéconomiques. Pour stimuler les économies, il faut un programme de stabilisation suffisant avéré pour obtenir une croissance économique qui soit parfois inclusive et durable.
Évoquant la question de la soutenabilité et le développement durable, il a fait savoir que celle-ci a été préconisée par les économistes qui peuvent s’en réjouir et a été résolue par le modèle du cerveau, qui a démontré la régularité du développement, celle de la croissance économique, à la condition que le progrès technique soit au rendez-vous, a-t-il dit.
Selon le document, les interventions du ministre de l’Economie nationale ont tourné autour de trois axes : le fondement et les limites de la stabilisation marquée ; le cadre analytique de la transformation structurelle et troisièmement ; la relation entre la stabilisation et l’impulsion.
Le ministre a voulu montrer que la stabilisation macroéconomique est nécessaire, mais elle n’est pas suffisante. La stabilité interne, c’est-à-dire la stabilité des prix, la stabilité externe, c’est-à-dire la stabilité du compte courant, c’est l’un des trois objectifs macroéconomiques.
A cet effet, M. Daniel Mukoko a présenté les trois objectifs macroéconomiques que sont : la croissance elle-même, l’emploi et la stabilité.
«Sans augmentation de la productivité du travail. Il n’y a pas de stabilité seule si les salaires augmentent plus vite que la productivité du travail. Et il n’y a pas de croissance de la productivité du travail sans accumulation du capital, que je peux même compléter sans progrès technique», a-t-il ajouté.
Selon lui, les politiques de stabilisation, ce sont toutes ces mesures monétaires qui sont prises par les banques centrales, donc les budgétaires, les banques structurelles, qui maîtrisent l’inflation et rendent la dette soutenable et garantissent l’équilibre externe.
Et de poursuivre que « les efforts sont utiles parce que la stabilité macroéconomique est indispensable au bas fonctionnement d’une économie. Ce changement structurel, est indispensable pour que la croissance économique soit durable. En d’autres termes, une croissance économique qui ne s’accompagne pas de changements structurels restera épisodique », a-t-il laissé entendre.
Pour le ministre, les changements structurels, c’est le déplacement de la main-d’œuvre, des secteurs à faible productivité vers les secteurs à plus forte productivité.
Par ailleurs, M. Mukoko a présenté trois indicateurs pour juger la dynamique du marché du travail notamment : le taux d’emploi, celui-ci mesure la capacité d’une économie à absorber la main d’œuvres suivant le taux de participation qui indique la proportion de la population à l’âge de travailler qui est effectivement présente ; la proportion de la population à l’âge actif qui reflète la structure . Ceux-ci vont déterminer la capacité d’un pays à réaliser cette transition, déplaçant les travailleurs des secteurs à faible productivité vers les secteurs à haute productivité en augmentant la productivité moyenne et assurant un temps de réelle durée.
« Se focaliser sur la rente minière, c’est transformé en compétitivité durable. C’est-à-dire partir de la rente minière et bâtir une nouvelle économie. Bâtir une nouvelle économie en faisant grandir trois à cinq filières exportables dans lesquelles le pays a un avantage avéré, un avantage comparatif avéré », a-t-il soutenu
Le ministre Mukoko a, par ailleurs, insisté sur la transformation agricole pour la facture alimentaire, car, dit-il, il faut se focaliser sur des produits agricoles stratégiques comme le manioc, le maïs, le soya, le haricot, le palmier à huile pour quitter cette dépendance liée à l’importation desdits produits coûtant énormément chers au trésor public.
ACP/UKB

