Kinshasa, 23 janvier 2026 (ACP).- Le gouvernement a annoncé la levée de 750 millions de dollars américains sur le marché financier en avril prochain à travers sa première émission obligataire internationale afin de financer des projets d’infrastructures en République démocratique du Congo, selon un communiqué consulté vendredi par l’ACP.
« Le gouvernement prévoit de lever 750 millions de dollars en avril à travers sa première émission obligataire internationale, afin de financer des projets d’infrastructures, a annoncé le ministre des Finances, Doudou Fwamba, lors d’un entretien à Kinshasa », a-t-on lu dans le communiqué dudit ministère.
Selon ce communiqué, cette opération constituera la première tranche d’un programme plus vaste, validé par le Conseil des ministres, qui prévoit jusqu’à 1,5 milliard de dollars d’émissions en devises sur l’ensemble de l’année 2026. A cet effet, le gouvernement attend ainsi étaler son recours aux marchés afin de limiter les risques financiers.
A cet effet, les fonds levés devraient financer des projets issus d’un portefeuille de 3 milliards de dollars, principalement dans l’énergie et les infrastructures. Les autorités congolaises ont rassuré vouloir installer une relation durable avec les marchés, en multipliant les émissions à l’avenir afin de soutenir le développement économique du pays.
Concernant la hausse des prix des métaux, notamment le cuivre et l’or, ainsi que l’accélération de la croissance, le gouvernement espère attirer les investisseurs à des conditions jugées compétitives et le pays met en avant une inflation contenue autour de 2 %, ainsi qu’un faible ratio dette/PIB, parmi les plus bas du continent.
Toutefois, l’encours de la dette publique congolaise était estimé à environ 13,17 milliards de dollars fin 2024, soit près de 18,5 % du produit intérieur brut, un niveau nettement inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne, estimée à près de 59 %.
D’après un analyste des marchés émergents, l’appétit des investisseurs devrait être réel, mais les rendements pourraient se situer à des niveaux élevés, compte tenu des risques politiques et sécuritaires. À titre de comparaison, la République du Congo voisine avait dû offrir un rendement de 13,7 % lors d’une émission l’an dernier, selon les informations de Bloomberg.
Rappelons que, le Fonds monétaire international anticipe une croissance moyenne de 5,4 % par an jusqu’en 2030, avec une inflation proche de la cible de la Banque centrale. Les réserves de change, estimées à plus de 7,4 milliards de dollars, représentent environ trois mois d’importations, un niveau record pour le pays. La RDC est notée B3 par Moody’s, au même niveau que le Nigeria ou l’Angola.
La République démocratique du Congo étant le plus vaste pays d’Afrique par sa superficie, avec d’importantes ressources minières, elle entend ainsi améliorer sa perception auprès des marchés, longtemps marqués par l’instabilité.
Notons que la première émission de 750 millions de dollars sera pilotée par Citigroup, avec l’appui de Rawbank, ainsi que des cabinets Rothschild & Co. et White & Case LLP. ACP/C.L.

